[89]: Cette jeune Prussienne que madame de Genlis amena avec elle eut ensuite des torts, à ce qu'il paraît et d'après ce que disait madame de Genlis elle-même; elle la donna à un ange dont la bonté jamais ne se lasse, à madame Récamier.

[90]: Les filles de madame de Valence ont été des personnes remarquables de tous points. Madame de Celles mourut encore jeune et emporta les regrets de tout ce qui l'a connue. Son esprit et son cœur lui attachaient tous ceux qui la voyaient seulement une fois; instruite sans pédanterie, vertueuse sans rigorisme pour les autres, elle était aimée non-seulement de ceux qui devaient l'aimer, mais de tout ce qui la connaissait. Elle mourut à Rome, où son mari était ministre du roi des Pays-Bas. Madame Gérard, sa sœur, est également bonne et charmante comme elle. Les enfants de ces deux dames étaient au nombre de quatre au moins à cette époque.

[91]: Ou plutôt provoquée. Voici une des strophes de Lebrun dans cette ode abominable. Le cardinal Maury la récitait de sa voix si retentissante avec une énergie vraiment profonde et communicative.

Purgeons le sol des patriotes
Par des rois encore infecté.
La terre de la liberté
Rejette les os des despotes.
De ces monstres divinisés
Que tous les cercueils soient brisés,
Que leur mémoire soit flétrie,
Et qu'avec leurs mânes errants
Sortent du sein de la patrie
Les cadavres de ces tyrans.

Pour commentaire à cette strophe, il faut ajouter que ce même Lebrun fut le plus vil flatteur du régime impérial!...

[92]: On sait comment M. de Choiseul a connu beaucoup de détails intimes du sérail: c'était par le moyen de marchandes arméniennes qui pouvaient pénétrer jusque dans les cours intérieures.

[93]: C'était la même société. M. de Nassau, M. de Montrond, M. de Talleyrand, M. de Narbonne et M. de Choiseul formaient la société la plus intime de l'hôtel de Talleyrand, et cela, il faut le dire à la louange de M. de Talleyrand, sans secousse et sans caprice.

[94]: Je ne puis m'en plaindre, car il fut admirable dans son affection pour moi jusqu'au moment de sa mort.

[95]: Il me faut ici dire mon sentiment, non pas sur les lettres anonymes injurieuses, je me réserve cette satisfaction pour plus tard. Je parlerai seulement ici de ces correspondances voilées, mystérieuses, dans lesquelles des femmes ne craignent pas de parler comme elles rougiraient de le faire à découvert. Je ne blâme pas une correspondance mystérieuse entre femmes comme atteinte à la morale: elle n'est que sotte et niaise; cependant j'y trouve aussi peu de ce qui est estimable. Comme base de toute amitié, c'est la loyauté et la franchise. Qu'est-ce qu'un mystère en amitié? Qu'est-ce qu'une coquetterie? Tout cela est la preuve du peu de vérité d'un sentiment, quel qu'il soit. S'il est amitié, on ne jouit de celle que l'on inspire que lorsqu'elle vous est accordée à vous, et non à un être imaginaire; s'il est amour, alors je ne le connais pas: il est absurde, au reste, dans les deux sentiments. Au reste, voilà mon opinion, et je ferai toujours peu de cas de ceux qui emploieront ce moyen.

[96]: M. d'Abrantès fut nommé gouverneur au mois de juin 1806 (28 juin), et ses lettres de nomination furent entérinées dans la quinzaine qui suivit. Sans qu'il l'eût demandé, son cortége, formé par les officiers-généraux à Paris, fut extrêmement nombreux, et tous s'y rendirent par amitié pour lui. Il était le premier gouverneur de Paris sous l'Empereur dont les lettres fussent entérinées; le frère et le beau-frère de Napoléon ne l'ont pas fait. L'Empereur le voulut ainsi, parce que l'autorité de M. d'Abrantès était supérieure à toutes les autres. En l'absence de l'Empereur, il ne correspondait qu'avec lui et ne recevait d'ordre que de l'archi-chancelier. Le gouvernement de Paris était un ministère.