[79]: Madame de Bon était fort agréable de figure et de tournure; elle avait un petit garçon ravissant de beauté. M. d'Abrantès me l'amena un jour, et je crus voir un Amour de l'Albane animé: c'était un être idéal. Je lui demandai comment il se nommait? «Bon et Beau, me répondit-il, en levant sur moi les plus beaux yeux que j'eusse encore vus.» Et cette réponse fut faite avec une naïveté charmante. Il avait, je crois, trois ou quatre ans.

[80]: C'est encore comme celui que madame de Genlis reproche à madame Cottin; elle dit que c'est son roman des Vœux téméraires qui lui a donné l'idée de Malvina. Il faut qu'elle se soit trompée en citant ce roman. Il n'y a pas le moindre rapport entre les deux ouvrages. Malvina est une femme qui n'est pas une inconnue dans le château de la tante d'Edmond: Edmond lui est infidèle, elle devient folle, et meurt de douleur. Rien n'est semblable.

[81]: Ce ne fut que dans une conversation entre Lavalette et madame de Genlis qu'eut lieu l'accord définitif pour la correspondance. Madame de Genlis ne répondit pas clairement à la lettre de Lavalette. Il fut un matin chez elle et traita la chose comme je la rapporte.

[82]: Cet artiste, doué d'un grand talent qu'on admire encore plus particulièrement dans la Bataille d'Austerlitz, qu'il a gravée d'après le tableau de Gérard, ainsi que la Psyché et l'Ossian du même auteur, demande en vain la croix sans pouvoir l'obtenir depuis dix ans! C'est un artiste renommé, qui est encore plein de verve, et qui grave en ce moment la Bataille de Marengo pour que la Bataille d'Austerlitz ait un pendant... Croirait-on qu'on a répondu sous le ministère de M. Gasparin à un artiste aussi honorable: Vous ne produisez plus!—Mais vous ne donnez donc de récompenses qu'aux talents à venir? et vous ne récompensez jamais le certain, celui qui a déjà fait ses preuves. Le tableau d'après lequel M. Godefroy fait la Bataille de Marengo est de lui-même... Voilà l'homme qui ne produit plus!...

[83]: Ermesinde de Narbonne (Narbonne Fritzlar ou Narbonne Pelet) était une jeune personne charmante d'élégance et de distinction dans ses manières. Elle avait un grand éclat dans la physionomie, et le premier coup d'œil jeté sur elle lui faisait trouver de la beauté. Elle était rousse, mais elle s'était fait raser la tête et portait une perruque artistement faite. Madame de Chevreuse était la seule jeune femme de son époque qui, par son insouciance de bon goût, rappelât les manières d'un autre temps. Elle avait des partisans fanatiques comme je n'en ai vu à aucune femme à la mode depuis elle.

[84]: Millevoye, mort trop tôt pour son beau talent, fut enlevé aux lettres et à ses amis inconsolables de sa perte en 1822.

[85]: C'est M. le comte Elzéar de Sabran, dont j'ai parlé dans le Salon de madame de Polignac, et qui joua devant le roi et la reine le rôle d'Oreste dans Iphigénie en Tauride, tandis que sa sœur remplissait celui d'Iphigénie. Cette sœur fut depuis madame de Custine.

[86]: M. Sabatier de Cabre, ancien conseiller-clerc au Parlement. Il était abbé, mais pas prêtre ordonné; il portait seulement le petit collet. Il est oncle de madame la comtesse Alexandre de Laborde.

[87]: Madame Tallien.

[88]: Depuis comtesse de Montholon.