par
LA DUCHESSE D'ABRANTÈS.

TOME QUATRIÈME.

À PARIS
CHEZ LADVOCAT, LIBRAIRE
DE S. A. R. M. LE DUC D'ORLÉANS,
PLACE DU PALAIS-ROYAL.
M DCCC XXXVIII.

Au Public,
LE LIBRAIRE-ÉDITEUR.

Après avoir fait paraître les deux premiers volumes de l'Histoire des Salons de Paris, nous donnons aujourd'hui les tomes IV et V de cet important ouvrage. Cette lacune que nous avons laissée dans la publication est une circonstance trop inusitée, pour ne pas exiger de notre part une explication; nous avons nous-même prié madame la duchesse d'Abrantès d'intervertir l'ordre des volumes de cette curieuse galerie, où figurent tous les personnages marquants dont la connaissance peut intéresser la société de notre époque, parce que, depuis que cette série de tableaux a été annoncée, on a, en quelque sorte, voulu nous faire concurrence, en publiant un volume sous le titre des Salons célèbres.

Bien que cette entreprise, qui s'est jetée en rivale à la traverse de la nôtre, fût soutenue par une plume habile, nous n'avons pas craint qu'elle diminuât le moins du monde l'accueil favorable qui a été fait au livre de madame la duchesse d'Abrantès; mais il nous importait qu'on ne parût pas nous devancer en marchant sur nos brisées, et que des sujets traités avec des souvenirs complets et une spécialité unique ne parussent après d'insuffisantes esquisses faites sur des ouï-dire plus ou moins exacts.

C'est pour obvier à cet inconvénient que nous nous sommes mis en mesure de ne pas faire attendre plus longtemps à nos nombreux souscripteurs les principaux Salons de l'Empire. Et qui pouvait mieux nous faire connaître le Salon de l'impératrice Joséphine, dans toutes les phases de sa carrière si brillante et sa fin si triste, que la femme qui, aux jours de toutes les grandeurs, consulaires et impériales, s'est trouvée, par sa position, jetée dans les relations intimes et publiques de cette famille, dont la haute fortune est une des merveilles de notre histoire contemporaine?

Qui pouvait en effet nous apprendre, sur ces temps, plus de choses que nous désirions savoir, que madame la duchesse d'Abrantès, qui dans son Salon de gouvernante de la ville de Paris a reçu tous les étrangers de marque, toutes les illustrations de l'Europe, que la puissance et la gloire d'un règne sans pareil attiraient dans la capitale du grand empire?