—«Ah!... S.....! .... Est-ce que vous êtes parent du grand-maître des cérémonies?
—Je suis son fils, mon général.
Et le duc se retourna vivement vers le jeune homme, mais s'arrêta stupéfait en voyant une figure qu'il ne connaissait pas.
—«Qui donc êtes-vous, monsieur, demanda-t-il d'une voix sévère?...» car sa première pensée fut que l'homme qui était devant lui pouvait être un espion. Elle se traduisit probablement sur sa physionomie si mobile, car le jeune homme devint fort rouge.
—«J'ai eu l'honneur de vous dire, mon général, que le comte de S..... est mon père. Je suis l'aîné de ses fils.
—Ah! s'écria joyeusement le duc, c'est donc vous qui êtes le perdu!... Pardieu! mon cher, soyez le bien retrouvé!... Voyons, que voulez-vous?... des chevaux? Vous en aurez; mais d'abord vous passerez le reste de la nuit ici, attendu qu'il est tout à l'heure minuit, et que, dans la romantique Espagne, les voyages au clair de lune commencent à n'être plus aussi agréables qu'au temps des Fernands et des Abencerrages.»
Quelque délicatesse que l'on mît à ne pas parler à Octave de S..... de son aventureuse absence, cependant, comme ami fort intime de son père, dont souvent il avait même essuyé les larmes, le duc d'Abrantès avait presque le droit de lui en dire quelques mots. M. de Ségur ne fut pas mystérieux et lui raconta comment une raison, qu'il nous cacha par exemple, l'avait déterminé à mener une vie errante:
—«J'avais besoin de voir d'autres lieux, disait-il, de parcourir d'autres contrées!...
Octave de S..... était aimable, avec un autre genre d'esprit que son père et son frère, et, comme eux, par des manières charmantes et gracieuses; je l'ai vu dans le monde pendant le peu de temps qu'il y est demeuré et j'avoue que je n'ai pas compris l'éloignement qu'avait pour lui, disait-on, une personne qui pourtant aurait dû l'apprécier.