[73]: M. Deschamps fait ici une singulière méprise: on sait trop bien que ce ne fut pas l'Impératrice qui appela madame Gazani à Paris, ce fut l'Empereur; et même, pendant longtemps, Joséphine la tint dans la plus belle des aversions. Elles ne se rapprochèrent que lorsqu'elles furent toutes deux malheureuses. Madame Gazani fut elle-même gênée en chantant ce couplet: elle ne l'avait pas vue auparavant, et fut contrariée, je le sais, de chanter ces paroles.

[74]: Madame Auguste de Colbert, dame du palais de l'Impératrice; elle demanda à la suivre. C'est une excellente femme, vertueuse et bonne; elle était veuve du brave général Auguste Colbert qui fut tué en Espagne en plaçant ses tirailleurs. Madame de Colbert était fille du sénateur, général, comte de Canclaux. Elle est aujourd'hui remariée à M. le comte de la Briffe. La Fête de Campagne, que rappelle ici Deschamps, fait allusion à une fête donnée à Joséphine, tandis qu'elle était à Aix-la-Chapelle, un 19 mars. On lui donna une fête charmante.

M. de Canclaux était le plus digne des hommes, mais comme tous, il avait quelques petits côtés par lesquels il donnait à rire; l'un d'eux était une manie des plus prononcées d'être mélomane et d'aimer l'italien. Le fait réel, c'est qu'il n'aimait pas la musique, et n'entendait pas très-bien l'italien. Cela n'empêchait pas que, lorsque je le rencontrais et que je lui demandais s'il avait été content de Crescentini ou de madame Grassini dans le bel opéra de Roméo et Juliette... il me répondait: Pas mal, pas mal! ce dont j'ai surtout été content, c'est du finale et du tutti. Or, ces deux mots, il les prononçait comme tous les mots italiens prononcés par ceux qui ne savent pas la langue, en appuyant fortement sur la dernière lettre et la dernière syllabe. Du reste, c'était l'honneur et la probité en personne.

[75]: Mademoiselle de Mackau, fille du contre-amiral de ce nom, était attachée comme dame à la princesse Stéphanie, grande duchesse de Bade. L'Impératrice, toujours bonne, sachant que mademoiselle de Mackau était malheureuse d'être si loin de sa famille, la demanda à la princesse Stéphanie, et la fit dame du palais. Elle fut, à quelque temps de l'époque dont je parle, mariée au général Wathier de Saint-Alphonse. Elle est nièce de M. de Chazet, aimable poëte, connu par une foule de jolis ouvrages.

[76]: L'Impératrice, en arrivant à Navarre, trouva la plaine autour d'Évreux infectée de marais très-nuisibles; elle les fit dessécher; ils avaient été formés par les eaux de l'Iton et de l'Eure qui passaient autrefois par des canaux pour alimenter les cascades et les bassins du parc; et ces canaux ayant été rompus par défaut d'entretien, l'eau qu'ils conduisaient avait formé ces marais.

[77]: L'école de jeunes filles, instituée par Joséphine, où elles apprenaient à faire de la dentelle, mais où elles recevaient aussi une parfaite éducation, spécialement dirigée vers le but dans lequel elles étaient élevées.

[78]: L'Impératrice avait non-seulement rendu aux habitants la promenade du parc de Navarre qu'on leur avait ôtée, mais, de plus, elle allait faire embellir leur promenade, et pour cela avait acheté un terrain.

[79]: Allusion à la réédification du théâtre que l'Impératrice allait faire. Rien n'était comparable à M. de Vieil-Castel dans ce rôle de paysan, avec son flegme et sa tranquillité habituelle; rien n'était au reste plus parfaitement comique: il avait beaucoup d'esprit, et son air sérieux ajoutait du comique à son rôle. Son fils, Horace de Vieil-Castel, a un talent remarquable pour dire les vers et jouer la comédie, à part son esprit qui est très-remarquable.

[80]: Je crois que la duchesse de Frioul (madame Duroc) jouait aussi, mais je n'en suis pas sûre. Je ne me la rappelle sur le théâtre de la Malmaison que dans un seul rôle, la soubrette du Bourru bienfaisant, qu'elle joua fort bien. Mais, dans cette même pièce, qui fut vraiment excellent, ce fut le marquis de Cramayel dans le rôle du Bourru...

[81]: Sœur de madame Rémusat, et femme du premier écuyer de l'Impératrice.