Un jour, il était dans sa cellule occupé à corriger un sermon pour la fête de sainte Rosalie, lorsque le père Ambroise le pria de le suppléer au confessionnal auprès d'une personne qui attendait, les occupations du prieur ne lui permettant pas de descendre à l'église.
Giulio avança son capuchon sur ses yeux, rabattit ses manches sur ses mains, d'une remarquable beauté, et, après avoir fait sa prière devant le maître-autel, il entra dans le confessionnal, où le pénitent l'attendait déjà. C'était une femme.
Giulio tira le petit volet de la grille, et dit à cette femme qu'il était prêt à l'entendre... Mais il ne reçut pour réponse que des soupirs et des larmes... Un secret terrible semblait peser à l'âme de la pécheresse.
Enfin elle parla, mais d'une voix brisée par les sanglots.
—Mon père, dit-elle... puis-je espérer la miséricorde divine? J'ai offensé Dieu!... Croyez-vous qu'il me pardonnera?
—Sa bonté est infinie, ma fille; elle surpasse nos fautes.
—Mon père, j'aime... j'aime avec passion, avec un amour qui me brûle, me dévore... J'aime... Oh! jamais je ne pourrai dire une telle horreur!...
—Ma fille, lui dit Giulio d'une voix sévère, douter de Dieu c'est la plus grande de toutes vos fautes...
—Eh bien! mon père, vous saurez tout. J'aime un homme que je ne dois pas aimer... car je suis mariée, et cet homme n'est pas mon mari!...
Un silence suivit cette dernière parole. Il semblait que la malheureuse femme qui s'accusait ne pouvait articuler. Giulio était ému... il souffrait... Enfin la pénitente reprit d'une voix plus basse: