—Mon père, non-seulement cet homme n'est pas mon mari... mais il n'est pas libre... il est lié aussi; mais il chérit ses liens... et moi, je déteste les miens.
Elle pleura amèrement.
—Et cet homme est-il jeune? demanda Giulio.
—Jeune! oh oui! et si beau! Mais ce n'est pas cette beauté qui m'a séduite... c'est ma destinée qui m'a jetée à cet amour comme une proie à dévorer.
À ce mot de destinée, Giulio frémit.
—Oui, dit la femme avec égarement, il fallait une destinée influencée par Satan pour que j'aimasse ainsi un homme séparé de moi par des barrières d'airain.
—Quel est donc cet homme? demanda Giulio.
—Cet homme, mon père!... Eh bien! maudissez-moi au nom de Dieu... dites qu'il n'y a pas de pardon pour mon crime. Celui que j'aime est un religieux.
—Malheureuse!...
Mais la femme ne l'entendait plus; accablée sous le poids de sa faute et de la honte de la révélation, elle se laissa tomber presque sans connaissance sur les marches du confessionnal... Frappé d'horreur et de crainte, Giulio jette les yeux sur la grille, et voit une créature d'une céleste beauté, pâle et mourante, les yeux fermés, et paraissant près d'expirer.