(A ces mots, les membres de la députation saluent le Maréchal.)

Eh bien, Messieurs, que signifient ces saluts? Avant tout, il faut remplir ses devoirs, il faut se conduire en honnêtes gens.—Vous avez, Messieurs, à choisir entre deux partis: ou persister dans vos illusions d'une Pologne indépendante, ou vivre tranquillement, en sujets fidèles, sous mon gouvernement.

Si vous vous obstinez à conserver vos rêves de nationalité distincte, de Pologne indépendante et de toutes ces chimères, vous ne pouvez qu'attirer sur vous de grands malheurs. J'ai fait élever ici la citadelle, et je vous déclare qu'à la moindre émeute, je ferai foudroyer la ville, je détruirai Varsovie, et, certes, ce n'est pas moi qui la rebâtirai.

Il m'est bien pénible de vous parler ainsi; il est bien pénible à un souverain de traiter ainsi ses sujets, mais je vous le dis pour votre bien.—C'est à vous, Messieurs, de mériter l'oubli du passé; ce n'est que par votre conduite, et par votre dévouement à mon gouvernement que vous pouvez y parvenir.

Je sais qu'il y a des correspondances avec l'étranger, qu'on envoie ici de mauvais écrits et que l'on tâche de pervertir les esprits; mais la meilleure police du monde, avec une frontière comme vous en avez une, ne peut empêcher les relations clandestines; c'est à vous-mêmes à faire le police, à écarter le mal.

C'est en élevant bien vos enfants, en leur inculquant des principes de religion et de fidélité à leur souverain, que vous pouvez rester dans le bon chemin.

Et au milieu de tous ces troubles qui agitent l'Europe, et de toutes ces doctrines qui ébranlent l'édifice social, il n'y a que la Russie qui reste forte et intacte.

Croyez-moi, Messieurs, c'est un vrai bonheur d'appartenir à ce pays et de jouir de sa protection.—Si vous vous conduisez bien, si vous remplissez tous vos devoirs, ma sollicitude paternelle s'étendra sur vous tous, et, malgré tout ce qui s'est passé, mon gouvernement pensera toujours à votre bien-être.

Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit!

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