D. C.—Zumalacarreguy m'en prendra un.
D. de W.—Mais, pour cela, il lui faudra quitter la Biscaye. Et d'ailleurs, n'oubliez pas que, d'après le Traité de la Quadruple Alliance, l'Angleterre ne vous laissera pas reprendre la route d'Espagne, puisqu'elle s'est engagée à vous expulser de ce pays.
D. C.—Eh bien! j'irai par la France.
D. de W.—Mais la France a pris les mêmes engagements.
D. C.—Que ferait donc la France si je la traversais?
D. de W.—Elle vous arrêterait.
D. C.—Quel effet cela ferait-il auprès des autres puissances?
D. de W.—Celui d'un Prince aux arrêts.
D. C..—Mais s'il y avait un changement de ministère, ici, on me rétablirait en Espagne.
D. de W.—Beaucoup d'intrigants, et du plus haut rang, chercheront à vous le persuader, et je ne puis trop vous prémunir contre de semblables illusions. L'Angleterre a reconnu Isabelle II et ne peut plus revenir sur cette reconnaissance, ni sur les engagements pris par le traité. Je vous dis, peut-être, des choses désagréables, mais je crois que c'est le plus grand service à vous rendre. Je connais bien ce pays-ci; vous n'avez rien à en attendre. Je suis même étonné que vous l'ayez choisi pour votre résidence après le traité que mon gouvernement a signé. Vous seriez, ce me semble, à beaucoup d'égards, infiniment mieux en Allemagne. Je ne connais pas la force de votre parti en Espagne, ni ses chances de succès; mais je ne crois pas qu'il vous vienne jamais d'équitables et efficaces secours que de l'Espagne elle-même.»