[184] La France et l'Angleterre ayant offert leur médiation entre l'Autriche et la Sardaigne, l'armistice, signé le 9 août 1848, entre ces deux puissances, fut tacitement prorogé jusqu'à la fin des négociations; mais celles-ci n'ayant pu aboutir, la Sardaigne dénonça enfin cet armistice le 12 mars 1849. Le 20 du même mois, les hostilités recommencèrent. Le 23 mars, la bataille décisive de Novare vit l'armée sarde accomplir des prodiges de valeur, mais son chef, le général polonais Chrzanowski, commit des fautes déplorables, et la fortune de l'Autriche l'emporta encore une fois. Le roi Charles-Albert demanda au maréchal Radetzky un nouvel armistice dont les conditions étaient si dures, que le Roi déclara qu'il ne les souscrirait point; alors Charles-Albert abdiqua en faveur de Victor-Emmanuel et prit lui-même la route de l'exil. Le 27, le nouveau Roi se rendit au quartier général du maréchal Radetzky, et après un long entretien il signa un armistice qui devait se prolonger jusqu'à la conclusion définitive de la paix.
[185] L'Union électorale ou le fameux Comité de la rue de Poitiers fut formé au commencement de 1849, par la droite conservatrice, pour diriger les élections et lutter contre le Comité démocratique socialiste.
[186] Le Roi de Prusse avait été élu le 28 mars, à l'assemblée de Francfort, Empereur des Allemands, et une députation était allée aussitôt lui porter ce titre. Cette députation avait été reçue le 3 avril par Frédéric-Guillaume IV, qui répondit qu'il n'accepterait cette dignité que lorsque les Rois, les Princes et les Villes libres de l'Allemagne lui auraient donné leur assentiment volontaire. Après de nombreux pourparlers, cette mission des Députés de Francfort devait échouer.
[187] Le général de Pritwitz avait pris le commandement de l'armée fédérale en Schleswig-Holstein, après que le général Wrangel eut été nommé au commandement des troupes de Berlin.
[188] Nicolas Ier avait menacé de déclarer la guerre à la Confédération germanique si les troupes allemandes n'évacuaient pas les Duchés et ne repassaient pas l'Elbe.
[189] Sous la force de l'opinion, et pour éviter une catastrophe, le Roi de Würtemberg finit par adopter la Constitution votée par l'Assemblée de Francfort, y compris le chapitre relatif au Chef de l'Empire, qu'il avait, jusque-là, obstinément rejeté.
[190] Dans sa séance du 26 avril, l'Assemblée de Francfort avait déclaré que l'acceptation de la dignité de Chef de l'Empire conférée au Roi de Prusse ne saurait être séparée de l'acceptation de la Constitution.
[191] Le 26 avril, une vive agitation s'était produite à la Chambre prussienne, dans les rangs de la gauche, à la suite d'une lettre, trouvée sur les sièges des Députés, où un grand nombre de signataires de la fraction rouge proclamaient la souveraineté du peuple et annonçaient que tous leurs efforts tendaient à la formation d'une grande République polonaise. Le soir même paraissait l'Ordonnance du Roi qui dissolvait la Chambre.
[192] Le général Bem, Polonais d'origine, qui s'était illustré dans la défense de Varsovie en 1831, s'était joint, en 1848, aux Hongrois soulevés contre l'Autriche, et avait remporté de grands succès en Transylvanie, notamment à Hermannstadt.
[193] Le 3 mai, le Roi de Saxe ayant refusé positivement de reconnaître la Constitution de l'Empire, son Palais fut immédiatement entouré par la foule, un Comité de défense fut formé et l'Arsenal assailli. Le peuple s'empara de l'Hôtel de ville et fit flotter sur le balcon le drapeau tricolore allemand. La Famille Royale et les Ministres s'enfuirent à Kœnigstein. Sans l'intervention de la Prusse et l'arrivée du général Wrangel, la République était proclamée.—Le contre-coup de cette émeute se fit sentir à Breslau, où, le 7 mai, des bandes insurgées parcoururent les rues, précédées du drapeau rouge, qu'elles portèrent devant l'Hôtel de ville, en proclamant la République. Les autorités militaires enlevèrent les barricades à la baïonnette après une vive fusillade.