[97] Le 3 novembre, les Turcs remportèrent un avantage notable sur la rive valaque du Danube. Au nombre de douze mille hommes, ils passèrent le fleuve entre Lurtukai et Oltenitza, maintinrent leurs positions dans ce dernier endroit et s'y fortifièrent. Les Russes firent de grandes pertes.

[98] Vers la fin du règne de Louis-Philippe, M. Cousin comprit qu'il était inutile de lutter contre l'ordre des choses. Sans renoncer positivement au libre-penser, il se rapprocha des doctrines plus saines et publia en 1853 un ouvrage intitulé Du vrai, du beau et du bien. Il y faisait appel à la conciliation et rêvait l'union des idées religieuses avec la liberté, en émettant des regrets de nature à calmer les animosités, au sujet des aberrations de sa vie passée.

[99] L'histoire de Grégoire VII fut trouvée achevée dans les papiers de M. Villemain et ne fut publiée qu'après sa mort, en 1873. L'auteur en avait tracé le plan et rédigé une notable partie à la fin de la Restauration, puis l'abandonna lorsque la révolution de Juillet eut soufflé sur les entreprises du clergé, et y revint dans les dernières années de sa vie.

[100] Allusion à la façon malveillante et peu impartiale dont M. Thiers avait parlé du prince de Talleyrand dans son grand ouvrage: Le Consulat et l'Empire.

[101] Le 18 décembre 1853, lord Palmerston, qui voulait devenir Premier ministre, et qui n'était alors que ministre de l'intérieur dans le Cabinet wigh-peelite, donna sa démission, en refusant d'accepter le nouveau bill de Réforme électorale, proposé par lord John Russell dans le sein du Cabinet; puis, sous le prétexte d'une méprise qui se serait dissipée, il reprit son portefeuille, qu'il n'avait jamais sérieusement abandonné. Ce ne fut que le 8 février 1855 que lord Palmerston parvint à remplacer, comme premier Lord de la Trésorerie, lord Aberdeen, à la joie de Constantinople et à la stupeur de la Russie.

[102] L'amiral russe Dachinoff avait remporté, le 30 novembre, une éclatante victoire dans la mer Noire, près de Synope, sur une division navale turque, commandée par Osman-Pacha, qui fut fait prisonnier et vit tous ses navires détruits. Quelques jours plus tard, le général russe Andranikoff battait les Turcs sur terre à Aikaizick. Ils perdirent quatre mille hommes dans ce sanglant combat.

[103] Le comte Pourtalès à Londres et M. de Bunsen à Paris avaient pour mission de s'assurer des déterminations positives des puissances occidentales, dans le but de dessiner la part de la Prusse à l'action commune; on espérait ainsi avoir une influence considérable sur l'Autriche, qui, si elle devait se ranger du côté de la Russie, se trouverait fort embarrassée par l'hostilité de la France à l'ouest, et par sa grande rivale allemande au nord.

[104] A la réception de la dépêche annonçant le combat naval de Synope, les Gouvernements de France et d'Angleterre envoyèrent à leurs amiraux respectifs l'ordre d'entrer immédiatement dans la mer Noire; par suite de quoi, les vaisseaux russes se trouvèrent bloqués à Sébastopol, et la Turquie put travailler librement à son ravitaillement.

[105] On faisait courir en Angleterre mille bruits absurdes sur l'influence que le Prince Albert cherchait à prendre dans les affaires politiques et même sur ses ambitions personnelles pour accaparer l'autorité. La populace commençait à s'en montrer très irritée.

[106] De l'anglais: la populace.