[187] En 1854, l'Empereur François-Joseph avait inauguré une ligne de chemin de fer qui reliait directement la ville de Vienne à la mer Adriatique. Une Compagnie, dont M. Nathaniel de Rothschild était un des principaux actionnaires, avait, à l'aide de seize mille ouvriers, construit cette voie ferrée qui, tout en serpentant la chaîne du Semmering, la traverse à plus de trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer.
[188] L'Archiduc fut reçu à Paris avec tous les honneurs civils et militaires. Son voyage était sans but politique, quoique le bruit courut que ce Prince venait négocier une entrevue à Munich entre l'Empereur, son auguste frère, et l'Empereur Napoléon.
[189] Pendant que le Congrès était réuni à Paris, l'Impératrice Eugénie donna le jour à un fils qui naquit aux Tuileries, le 16 mars 1856. D'abord ondoyé, le Prince Impérial ne fut baptisé que le 15 juin suivant, très solennellement à Notre-Dame. Le Pape Pie IX, qui était son parrain, se fit représenter par le cardinal Patrizi, et la Reine de Suède, sa marraine, par la Grande-Duchesse Stéphanie de Bade.
[190] Le prince Windisch-Graetz se trouvait alors à Berlin pour assister à des manœuvres militaires. Il n'avait aucune mission politique.
[191] Le Prince Louis de Bade incapable de régner, par suite d'une maladie mentale des plus graves, son frère cadet, le Prince Frédéric-Guillaume, succéda en 1852 à leur père, le Grand-Duc Charles-Léopold. Il prit d'abord le titre de Régent, et ce ne fut qu'en 1856 qu'il s'attribua le titre de Grand-Duc, par une patente spéciale.
[192] Le 24 août était le jour de naissance du Comte de Paris qui, en 1856, atteignait l'âge de dix-huit ans, par conséquent, la majorité pour les rois de France.
[193] Le duc de Morny se rendait à Moscou comme Ambassadeur extraordinaire, pour représenter la France au couronnement de l'Empereur Alexandre II. Il déploya un luxe qui paraissait d'un goût douteux à côté de celui du prince Esterhazy et de lord Granville, le premier représentant l'Autriche, le second l'Angleterre.
[194] Après la signature de la paix et l'évacuation de la Crimée, le maréchal Pélissier revint en France au mois d'août 1856. Il fut reçu avec les plus grands honneurs et un accueil enthousiaste de la part de la population. En débarquant à Marseille, le Maréchal trouva une lettre de l'Empereur qui lui conférait le titre de duc de Malakoff; en outre, le Corps législatif lui vota une dotation annuelle de cent mille francs, transmissible à sa descendance directe de mâle en mâle.
[195] Mme la Duchesse d'Orléans était pour un mois à Hambourg où elle avait appelé plusieurs de ses partisans.
[196] Le Prince Adalbert, grand-amiral de la flotte prussienne, à bord de la frégate Dantzig, avait été attaqué sur la côte du Maroc par les pirates du Riff. Le Prince avait reçu une balle dans la cuisse durant le combat où il perdit sept hommes, son lieutenant de vaisseau entre autres, et dix-sept blessés. Cette mésaventure avait péniblement impressionné à Berlin où, par dérision, on la compara au désastre de cette formidable flotte de guerre, connue sous le nom de l'invincible Armada, équipée en 1588 par le Roi Philippe II d'Espagne et destinée à envahir l'Angleterre afin d'y rétablir le catholicisme.