[296] Le maréchal Randon avait été fait ministre de la Guerre le 5 mai 1859, en remplacement du maréchal Vaillant, promu major général de l'armé alliée, lorsque les troupes françaises avaient franchi les Alpes.
[297] Le 24 avril eut lieu, à l'hôtel d'Albe à Paris (maison appartenant à Mme de Montijo, mère de l'Impératrice Eugénie), un bal qui resta célèbre dans les annales napoléoniennes, non seulement par l'étalage de la richesse des costumes et d'un luxe effréné, mais plus encore par le décolletage, les jupes trop courtes des dames, leur déguisement en homme, ainsi que le manque de convenance dans les propos qui s'y tinrent.
[298] Napoléon Ier, arrivé le 31 mars 1814 à quelques lieues de Fontainebleau, avait ordonné au duc de Vicence de partir sur-le-champ, pour aller trouver l'Empereur Alexandre Ier et essayer de conclure la paix aux conditions de Châtillon. M. Thiers, en rappelant cette circonstance dans le dix-septième volume, page 624, de son ouvrage, donne un tout autre caractère à cette mission. Il fait croire qu'elle n'avait d'autre but, dans la pensée de l'Empereur, que de lui faire gagner deux ou trois jours, afin de donner à l'armée le temps de le rejoindre.
[299] Dans une série d'articles publiés dans le Journal des Débats sur le XVIIe volume du Consulat et de l'Empire, Cuvillier-Fleury, tout en faisant ressortir l'immense succès de l'œuvre de M. Thiers, le critiquait spirituellement en le mettant en opposition avec lui-même. Il démontrait que, malgré ses opinions actuelles, M. Thiers ne semblait pas admettre que toute dictature ne fût fatalement entraînée à des excès qui la perdent; qu'il paraissait croire qu'une autorité forte, lorsqu'elle est indispensable, n'est pas nécessairement malfaisante, et qu'il admettait même qu'un despotisme qui vient à propos peut être sage.
[300] Ce livre est l'œuvre la plus complète et la plus sérieuse que Sainte-Beuve ait jamais faite. Elle occupa vingt-deux ans de sa vie, et l'histoire de ce couvent si attaqué, si défendu, devint, sous sa plume, une histoire littéraire du siècle de Louis XIV.
[301] Le général Ortega, capitaine général des îles Baléares, chef apparent d'une nouvelle tentative d'insurrection carliste, qui venait d'avorter en Espagne, fut fusillé le 18 avril 1860. Le comte de Montemolin et son frère, arrêtés en même temps, recouvrèrent promptement leur liberté en renonçant à leurs droits au trône par une lettre écrite en langue espagnole, adressée à la Reine Isabelle II, datée de Tortosa le 12 avril 1860.
[302] L'Empereur Napoléon III était très irrité contre l'Angleterre, qui protestait avec vigueur contre l'annexion de Nice et de la Savoie à la France. Lord Cowley avait eu, à ce sujet, des entretiens peu amicaux avec M. Walewski, ensuite avec M. Thouvenel, et échangeait sur ce point une correspondance confidentielle avec lord John Russel, ministre des Affaires étrangères. Dans un discours très violent contre l'Empereur Napoléon, prononcé par le chef du Foreign-Office à la Chambre des Communes le 25 mars, le noble Lord avait déclaré que l'Angleterre ne pouvait sacrifier pour la France l'alliance du reste de l'Europe. Tous ces symptômes de mécontentement entretenaient l'opinion publique dans la croyance d'une guerre prochaine avec l'Angleterre.
[303] L'Impératrice Eugénie.
[304] M. Mon était alors Ambassadeur d'Espagne à Paris.
[305] Le duc de Montpensier s'était définitivement fixé à Séville et y intriguait sourdement, malgré tous les honneurs dont l'avait comblé sa belle-sœur, la Reine Isabelle. Le comte d'Eu, fils du duc de Nemours, enseigne dans le régiment des chasseurs à cheval espagnols (Albuféra), faisait avec éclat ses premières armes au Maroc, à cette époque-là en guerre avec l'Espagne.