[286] L'Empereur Alexandre II et le Prince-Régent de Prusse se rencontrèrent le 23 octobre à Breslau et il semble que des liens plus intimes se nouèrent entre les Gouvernements des deux souverains, chacun sentant l'influence considérable que leur entente mutuelle pouvait amener sur la solution des difficultés qui préoccupaient, à ce moment-là, la diplomatie européenne.
[287] En 1859, Mme Lenormant, nièce et fille adoptive de Mme Récamier, écrivit la vie de sa tante en réunissant tous les souvenirs qui la concernaient, d'après les correspondances laissées par la défunte.
[288] Mme Récamier se trouvait à Rome en même temps que le duc de Devonshire qui, de peur que sa belle-mère, au moment de sa mort, ne révélât le secret obscur planant sur sa naissance, séquestra la Duchesse, en la privant de toute communication avec ses amis.
[289] De l'allemand: rudesse grossière.
[290] Le 10 novembre 1859, la pose de la première pierre d'un monument que la ville de Berlin élevait au poète Schiller, connu par ses idées démocratiques, avait un peu échauffé les têtes avancées qui voulaient en faire le motif d'une démonstration dans ce sens. Mais des mesures habiles prises à temps par le Magistrat de la ville empêchèrent la réunion des masses populaires et tout se passa avec ordre, malgré les orgies grossières (roheit) qui avaient précédé. Le Prince-Régent n'assista pas officiellement à cette cérémonie, qu'il regarda simplement d'une fenêtre de la Chambre de commerce (Seehandlung), institution datant de plus d'un siècle et qui fut toujours sous la dépendance du ministère des Finances en Prusse.
[291] Par une brochure retentissante, attribuée à l'Empereur lui-même, et intitulée le Pape et le Congrès, Napoléon III achevait de rendre ce Congrès impossible. Cet écrit servait de texte aux interprétations les moins rassurantes pour le pouvoir temporel du Pape quand, quelques jours après, dans une lettre du 31 décembre 1859 à Pie IX, l'Empereur insistait personnellement sur la nécessité qu'il y avait pour le Pape à céder aux circonstances et à faire le sacrifice des Romagnes, où le vœu des populations se prononçait en faveur de l'annexion à la Sardaigne. Le Pape répondit à toutes ces menaces par l'Encyclique du 19 janvier 1860, où il s'éleva violemment contre cette doctrine. En France, Mgr Dupanloup fit entendre un cri d'indignation dans un écrit intitulé: Lettre de Mgr l'évêque d'Orléans à un catholique sur la brochure «le Pape et le Congrès», tandis que le prince Albert de Broglie faisait entendre le sien dans un article du Correspondant intitulé: La lettre impériale et la situation, qui recevait aussitôt un avertissement du Gouvernement.
[292] M. Guizot était protestant.
[293] Nous avons déjà parlé de cet article du prince de Broglie intitulé: La lettre impériale et la situation. Sous une forme polie, discrète, mais claire, l'Empereur Napoléon, dans cette lettre, sommait, très respectueusement, le Pape de sacrifier ce qu'il avait perdu, sous peine de perdre ce qu'il possédait encore. On trouvera cette lettre aux pièces justificatives de ce volume.
[294] Ces soupçons n'étaient pas tout à fait sans fondement, car le journal l'Univers, supprimé par une ordonnance du 29 janvier 1860, motivée par une opposition directe de ce journal contre les droits de l'État, reparaissait par la bienveillance du Gouvernement, quelques jours après, sous ce titre nouveau, le Monde, rédigé également par M. Veuillot.
[295] Cette brochure, qui fut le prétexte de nombreuses manœuvres de Bourse, était anonyme, ce qui rendit facile au Gouvernement de la dénoncer, en la déférant à la justice. Sous le voile des limites naturelles, cet écrit traitait assez ouvertement l'idée, caressée par l'Empereur Napoléon, de l'annexion à la France des provinces rhénanes.