[15: En Allemagne, il y a une catégorie de personnes qu'on tient pour être particulièrement douées de ce don de seconde vue; ce sont celles qui naissant vers le milieu de la nuit. On les appelle Mitternachtskinder, enfants de minuit. Madame d'Agoult (Daniel Stern), qui était par sa mère d'origine allemande et qui naquit à Francfort-sur-le-Main vers le milieu de la nuit du 30 au 31 décembre 1805, s'est fait l'écho de cette superstition (Mes Souvenirs, 1806-1833, 3° édit., 1880, p. 21).]
[16: Le maréchal de Münich n'avait arrêté le duc de Courlande que pour s'élever sur les ruines des Biren, au faîte de la fortune. Toujours guidé par les mêmes vues qu'il avait eues lorsqu'il engagea le duc à se faire nommer régent, il voulait s'emparer de toute l'autorité et ne donner à la grande-duchesse que le titre de régente. Il s'imaginait que personne n'oserait rien entreprendre contre lui: il se trompa.» (Mémoires historiques, politiques et militaires sur la Russie, par le général Manstein; nouvelle édition, Lyon, 1772, t. II, p. 111) Le 25 novembre 1741, juste un an après la chute de Biren, Münich fut arrêté par ordre d'Élisabeth et condamné à l'écartèlement. Gracié sur l'échafaud, il fut exilé en Sibérie, à Pélim, et emprisonné dans la maison même qu'il avait fait construire pour le duc de Courlande. Cette maison se composait de quatre chambres et était entourée d'une haute palissade. L'oukase qui exilait Münich rappelait Biren. On raconte que les deux adversaires se croiseront en route aux environs de Kasan et se saluèrent sans échanger une parole (Waliszewski, Élisabeth Ire, p. 16).]
[17: L'avènement d'Élisabeth avait rendu quelque espoir au duc de Courlande. Au commencement de 1742 il reçut, en effet, un courrier du Sénat lui annonçant qu'il recouvrait la liberté et le domaine de Wartemberg. Il quitta aussitôt Pélim et se disposait à gagner la Courlande, quand il fut arrêté en route par un nouveau message qui lui enjoignait de demeurer à Jaroslavl. L'ex-régent s'y établit dans une habitation plus spacieuse avec un beau jardin sur les bords du Volga. On lui envoya de Pétersbourg sa bibliothèque, ses meubles, sa vaisselle, des chevaux même et des fusils, avec la permission de chasser à vingt verstes à la ronde. Ses frères et Bismarck eurent la permission de le rejoindre. Gustave Biren mourut peu après; Charles et Bismarck paraissent avoir repris du service dans l'armée. En 1762, Biren fut rappelé à la Cour par Pierre III, qui avait dû épouser sa fille Hedwige, quand il était encore duc de Holstein. Il rendit à l'ancien favori une partie de ses biens, mais lui fit savoir qu'il destinait la Courlande à son oncle Georges-Louis de Holstein (Waliszewski, l'Héritage de Pierre le Grand, p. 309).]
[18: Voir appendice I.]
[19: Petite voiture à quatre roues sans ressorts et en partie recouverte d'une bâche; elle est en usage chez le paysan russe.]
[20: En janvier 1763. Le duché de Courlande était resté sans maître jusqu'en 1758. À cette date, le prince Charles de Saxe, fils d'Auguste III, fut élu sur la demande d'Élisabeth. Pierre III, en 1762, se proposait de donner le duché à un membre de sa famille, quand arriva le coup d'État qui fit passer le pouvoir aux mains de sa femme. Catherine II ne voulait ni du prince de Saxe, ni du prince de Holstein. Elle résolut de rétablir Biren, qui abdiqua en 1769 en faveur de son fils et mourut en 1772. Il est enterré à Mittau.]
[21: Le duc Pierre naquit en 1724. À la mort de l'ex-régent, il hérita de la Courlande, qu'il gouverna jusqu'en 1795, date à laquelle il abdiqua à son tour. (Kruse, t. II, p. 177.)]
[22: Né en 1728, mort en 1801 à Kœnigsberg. Le prince Charles a fait souche de la ligne des princes actuels de Courlande.]
[23: Frédéric-Charles, duc de Holstein, qui avait épousé une des deux filles de Pierre le Grand, avait, sous le règne d'Anna Ivanovna demandé par lettre au duc de Courlande de lui prêter cent mille roubles, en consentant à ce que la somme servit de dot à sa fille unique Hedwige, dont il demandait en même temps la main pour son fils, le futur époux de Catherine II et qui régna quelques mois sur la Russie sous le nom de Pierre III. Mais Anna Ivanovna, prenant toujours en mauvaise part tout ce qui venait de Holstein, s'était fâchée et avait défendu qu'on lui en parlât. Devenu régent, le duc de Courlande renoua les négociations avec la tante du jeune duc de Holstein, Élisabeth, qu'un coup de main devait prochainement faire impératrice (1741-1762). Le mariage était à peu près décidé, un prince de Saxe-Meiningen avait été éconduit, Biren allait contracter alliance indirecte avec les Romanov, lorsqu'il fut emprisonné et exilé. Avant la rentrée en grâce définitive de son père, Hedwige de Courlande revint à la cour d'Élisabeth et c'est en 1753, à trente-trois ans, qu'elle épousa un officier de la garde, le prince Alexandre Tcherkassof. Elle mourut en 1787 (Waliszewski, pp. 303 et 310).]
[24: Le duc Pierre épousa en 1765 Caroline-Louise, princesse de Waldeck, avec laquelle il divorça en 1772. En 1774, il épousa Eudoxie, princesse Yousoupoff dont il se sépara en 1778; en 1779 Anne-Dorothée de Médem, comtesse du Saint Empire (1761-1821) (Kruse, t. II, pp. 177-181).]