[5: Anna Ivanovna, fille d'Ivan Alexiéiévitch, frère de Pierre le Grand; elle était duchesse veuve de Courlande quand elle fut appelée au trône de Russie (1730-1740).]

[6: Le 12 février 1718, Anne se trouvant encore comme duchesse de Courlande à Annenhof, résidence voisine de Mittau, un petit événement s'y était passé qui devait avoir une influence capitale sur les destinées de la future impératrice et même sur celles de la Russie. Par suite de la maladie du grand maître de cour, Pierre Mikhaïlovitch Bestoujev, un employé de la chancellerie porta à la duchesse des papiers à signer. Elle lui dit de revenir tous les jours. Un peu après elle en faisait son secrétaire, puis son gentilhomme de la chambre. Il s'appelait Ernest-Jean Bühren (Waliszewski, l'Héritage de Pierre le Grand, in-8°, Paris, 1900, pp. 173 et 179). En 1725 il accompagna la duchesse à Moscou pour le couronnement de Catherine Ire et lorsque Anne fut impératrice, à son tour le favori fut tout-puissant. En 1737, il fut élu duc de Courlande par la diète courlandaise. Le diplôme de l'élection est daté du 2/14 juin de cette même année; il fut ratifié le 13 juillet suivant par le roi de Pologne Auguste III. (Kruse, Kurland unter den Herzogen, 2 vol. in-8°, Mittau, t. II, p. 2.)]

[7: En 1723, il épousa Benigna von Trotta-Treydem.]

[8: Avant de mourir (octobre 1740), la tsarine Anna Ivanovna institua, par testament, Biren régent de l'Empire. L'héritier du trône était un enfant au berceau, l'empereur bébé Ivan VI, fils d'Anna Leopoldovna et d'Antoine de Brunsvick-Bevern. Cette régence fut de très courte durée. Le général Münich, jaloux de la domination de Biren et de complicité avec les parents du jeune empereur, fut l'instrument de sa chute. Le duc de Courlande fut condamné à mort le 8 avril 1741, reconnu coupable, entre autres crimes, d'avoir attenté à la vie de la défunte impératrice en la faisant monter à cheval par de mauvais temps. Il devait être écartelé si un manifeste du 14 avril suivant ne fût venu convertir cette peine en un exil perpétuel.]

[9: L'exil du duc de Courlande dura vingt-deux ans, puisqu'il se prolongea jusqu'à l'avènement de Pierre III (janvier 1762). Il fut envoyé à Pélim.]

[10: Bühren devient Biren en russe. Ce dernier nom déformé est devenu Biron, orthographe généralement adoptée.]

[11: On a publié dans le Recueil de la Société impériale d'histoire russe (Sbornik, t. XXXIII) des fragments de la correspondance du duc de Courlande avec le comte Kaiserling, où il se montre sous l'aspect d'un homme mélancolique et désabusé.]

[12: À la mort de Pierre II, dernier rejeton de la ligne mâle de Pierre le Grand, la maison de Romanov n'était plus représentée que par des femmes. Depuis l'oukase de 1721 il n'y avait plus de droit successoral et la couronne restait entre les mains du Conseil suprême, qui détenait effectivement le pouvoir. Il en disposa en faveur de la fille d'Ivan, Anne de Courlande, en essayant toutefois de lui imposer une constitution oligarchique. Ce choix fut ratifié par une assemblée générale de dignitaires, car l'élue était populaire à Moscou et à Pétersbourg; mais les conditions qui limitaient l'autorité de la nouvelle souveraine ne furent pas acceptées. Le parti absolutiste l'emporta; l'impératrice Anne fit son entrée dans Moscou en grand appareil militaire et fut proclamée souveraine autocrate.]

[13: En exil, la duchesse de Courlande et ses filles dessinaient et faisaient des ouvrages délicats de femme. Elles brodèrent des étoffes avec des dessins représentant des indigènes de la Sibérie et leurs industries rustiques. Une des pièces du palais de Mittau en est encore tendue, Benigna composa à la même époque, en allemand, un recueil de poésies religieuses, qui a été imprimé à Mittau en 1773, sous le titre: Eine grosse Kreuzträgerin. Sa correspondance est conservée aux archives de Moscou. (Waliszewski, p. 177.)]

[14: Dans le gouvernement de Tobolsk, à trois mille verstes de Saint-Pétersbourg. Ce n'est plus aujourd'hui qu'une bourgade peuplée d'une centaine d'habitants. La ville de Pélim fut fondée en 1592 et destinée par Boris Godounov à servir de lieu de déportation. Deux Romanov, ancêtres de la dynastie régnante, le duc de Courlande, le général Münich comptent parmi ses hôtes les plus illustres. «Le monde environnant était un marécage, glacé en hiver et en été producteur d'une quantité d'insectes telle que l'air devenait irrespirable et qu'il fallait garder le visage couvert. Trois mois d'été et de soleil, puis le froid et la nuit. Les provisions venaient de Tobolsk.» (Waliszewski, la Dernière des Romanov, Élisabeth Ire, p. 17, in-8°, Paris, 1902.)]