A l’ouest s’étend une plaine argilo-calcaire et sablonneuse sur quelques points ; on n’y voit d’autres arbustes que le Zizyphus Lotus qui croît dans le sable, et le Rhus dioica dans les terrains pierreux, la végétation y est très analogue à celle des environs de Biskra.

Pour compléter le tableau de la flore des environs de Biskra, nous croyons devoir faire précéder la liste des plantes observées dans la région saharienne de quelques détails sur la végétation arborescente : les environs immédiats de Biskra ne présentent pas de véritables arbres ; les arbrisseaux les plus élevés qu’on y rencontre appartiennent au genre Tamarix, et sont généralement loin d’offrir les proportions qu’ils atteignent dans la forêt de Saada ; ce sont les :

qui, avec le Laurier-Rose, ornent souvent les bords des sources et des ruisseaux ; dans les plaines, le Nitraria tridentata et le Zizyphus Lotus forment des touffes généralement orbiculaires et espacées ; dans les rochers ou sur les pentes rocailleuses croît le Rhus dioica, qui peut être employé pour la préparation du cuir et des outres, de la même manière que l’espèce voisine (Rhus pentaphylla), si généralement répandue dans la région littorale de la province d’Oran ; le Periploca angustifolia se rencontre aussi dans les mêmes lieux ; enfin le Limoniastrum Guyonianum forme des buissons peu élevés dans les plaines, et est surtout abondant sur les berges des ravins. — Nous avons cru devoir reporter à la suite de la même liste la relation de nos herborisations sur les bords et dans le lit de l’Oued Biskra, car les alluvions de ce cours d’eau présentent, groupées dans un espace restreint, des plantes de stations trop dissemblables pour pouvoir donner une idée exacte de la distribution des végétaux dans cette partie du Sahara.

Liste des plantes observées dans la région saharienne aux environs et au sud de Biskra[27].

L’une des herborisations les plus intéressantes des environs de Biskra est, sans contredit, celle du lit de la rivière où se trouvent réunies presque toutes les plantes de la région, plus quelques-unes appartenant à d’autres régions, et que les eaux y ont apportées ; les berges offrent les plantes des lieux secs ou des rochers, les alluvions une partie de celles des sables et celles des lieux humides. — En remontant le cours de l’Oued Biskra, on voit, à peu de distance du fort Saint-Germain, vers les sources abondantes et chargées de matières salines qui mêlent leurs eaux à celles de la rivière, l’Arundo Donax, le Phragmites communis var. Isiacus, l’Erianthus Ravennæ, et des Tamarix former d’épais fourrés et constituer le fond de la végétation. Sur les berges se trouvent de nombreux buissons du Nitraria tridentata et du Limoniastrum Guyonianum. Près de l’ancien fort turc, construit au sommet d’un coteau aride qui domine le cours de l’Oued Biskra, les alluvions étendues de la rivière présentent un grand nombre d’espèces intéressantes, entre autres les :

Le Pennisetum dichotomum y forme de larges touffes, et nous y rencontrons les Anvillea radiata, Bubania Feei, Statice Bonduellii. — Sur les coteaux argileux qui avoisinent le fort croissent la plupart des plantes des stations analogues ; nous y remarquons le Gymnarrhena micrantha, le Fagonia latifolia et l’Erodium hirtum, dont les fibres radicales sont terminées par d’épais renflements charnus d’une saveur sucrée. — Les coteaux pierreux qui s’élèvent en face du fort turc offrent un grand nombre d’espèces rupestres ou des terrains rocailleux, entre autres le Reaumuria stenophylla, le Deverra chlorantha et le Periploca angustifolia. — Du fort turc au confluent de l’Oued Abdi et de l’Oued El-Kantara, la route que nous suivons pour nous rendre à Branis, est parallèle au cours de l’Oued Biskra, et traverse une plaine tout à fait analogue à celle qui s’étend du Col-de-Sfa à Biskra dont elle est la continuation ; là nous trouvons en grande abondance l’Heliotropium undulatum. Au nord du confluent des deux rivières nous entrons dans une nouvelle plaine encore plus uniforme que la précédente, mais cependant un peu moins nue ; la seule plante que nous ayons à y signaler est l’Atractylis prolifera ; sur des coteaux à l’est croît le Senecio Decaisnei. En remontant le cours de l’Oued Abdi, nous parvenons à l’entrée de la vallée qui porte son nom ; cette rivière, dont les eaux sont abondantes et douces, est resserrée entre les coteaux abrupts qui surmontent sa rive gauche et les montagnes basses qui longent sa rive droite. — L’oasis de Branis (à environ 170 mètres d’altitude) peu étendue, et qui ne renferme que 10,761 Dattiers et 422 arbres fruitiers, occupe sur la rive droite les alluvions déposées par le cours d’eau ; cette oasis, garantie de la violence des vents par les contours de la vallée et abondamment arrosée, présente de nombreuses ressources pour la culture, et nous y admirons la beauté des Dattiers au milieu desquels est dressée la tente du caïd qui nous donne l’hospitalité. Le Figuier, l’Abricotier, le Pêcher, le Pommier, le Poirier, le Grenadier y acquièrent un magnifique développement, et la Vigne s’enlace en guirlande entre les Dattiers ; un pied d’une variété à peine épineuse de l’Opuntia Ficus-Indica a un tronc de près d’un mètre de circonférence. Les habitants de l’oasis ont l’habitude de suspendre les figues les plus précoces, et qu’ils considèrent comme mâles, aux branches des arbres chargés de figues plus tardives dans le but d’en obtenir une fécondation plus complète. Cet usage, qu’on nous a dit être assez général dans les vallées de l’Aurès, nous a rappelé la caprification que l’on pratique en Italie ; mais nous pensons que les indigènes ont été seulement amenés à l’adoption de cette pratique par analogie avec la fécondation artificielle du Dattier. — En quittant Branis nous suivons un étroit sentier longeant de nombreux ravins dont l’aridité et la nature de la végétation nous rappellent les environs de Biskra. De nombreux vestiges d’aqueducs, creusés dans les rochers abrupts qui dominent la rive gauche de la rivière, indiquent, par la hauteur même à laquelle ils se trouvent, toute l’importance et l’étendue de l’ancien réseau des canaux destinés à la distribution des eaux.

Liste des plantes observées entre Branis et Djemora.