Aux environs de l’Oued Taga, de maigres moissons couvrent la plus grande partie du sol, et de toutes parts les indigènes sont occupés à la récolte (13 juin). — Après avoir traversé le lit de l’Oued Taga, nous nous hâtons d’arriver à Timegad.

Les ruines de Timegad (l’ancienne Tamugada), moins bien conservées que celles de Lambèse, n’en présentent pas moins un vif intérêt pour l’archéologue. Un arc de triomphe encore debout, l’enceinte d’un vaste édifice, un cirque, de nombreuses inscriptions, des débris de toute sorte, indiquent, par l’étendue qu’ils occupent, toute l’importance de la cité romaine, dont l’emplacement n’est plus aujourd’hui qu’une plaine inculte. Nous n’avons guère observé, dans les ruines où les Arabes établissent souvent leurs douars, que des espèces rudérales : Peganum Harmala, Torilis nodosa, Borrago officinalis, Atriplex Halimus, Chenopodium Vulvaria et opulifolium, Urtica pilulifera, etc.

Sur les bords de l’Oued Soutetz (environ 940 mètres d’altitude), quelques rares pieds de Tamarix Gallica nous offrent un ombrage que nous sommes heureux de trouver après avoir traversé les vastes plaines déboisées dont nous venons de parler. — Jusqu’au marabout de Sidi-Mansar, nous parcourons une plaine bornée au sud par des montagnes peu élevées, à peine boisées, et où dominent surtout les Juniperus Phœnicea et Oxycedrus ; dans l’un des nombreux ravins qui aboutissent à l’Oued Soutetz, nous retrouvons le Centaurea microcarpa et le Nasturtium coronopifolium, que nous n’avions pas revus depuis que nous avons quitté la région saharienne. La végétation de la plaine offre, du reste, les mêmes caractères que celle de la vallée de Lambèse dont elle n’est que la continuation ; le Retama sphærocarpa y devient d’une extrême abondance. — Nous franchissons la porte de l’ancienne Marcouna, dont la route longe les ruines jusqu’à Lambèse, où, après notre long séjour sous la tente, nous sommes heureux de retrouver la civilisation européenne.



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES ET RÉSUMÉ.

La contrée que nous avons parcourue est comprise entre les 3° 21′ et 4° 34′ de longitude orientale de Paris et les 36° 53′ et 34° 40′ de latitude septentrionale.

Cette contrée, depuis Philippeville jusqu’à Biskra, peut être partagée en quatre régions naturelles, aussi distinctes au point de vue de la géographie botanique qu’à celui de la géographie physique :

1o Région méditerranéenne. — Cette région, limitée au nord par la Méditerranée, ne nous paraît pas s’étendre au sud beaucoup au delà de Constantine. Les environs de cette ville présentent une végétation assez distincte de celle du littoral, des hauts-plateaux et de la montagne, pour que nous ayons dû y voir l’analogue de la région méditerranéenne intérieure que nous avons admise dans la province d’Oran, où elle occupe une zone beaucoup plus étendue. L’ensemble de la région peut donc être subdivisé en deux régions secondaires : l’une méditerranéenne littorale, l’autre méditerranéenne intérieure.