Liste des plantes observées sur le Djebel Cheliah[35].

Les bois des montagnes qui limitent au nord la vallée de l’Oued Essora, en face d’Aïn-Turck, ne possèdent pas de Cèdres, à cause de leur peu d’élévation ; les arbres qui y dominent sont les mêmes que ceux de la partie inférieure du Djebel Cheliah. Le Fraxinus dimorpha avec l’Anthyllis erinacea et le Calycotome spinosa y forme de nombreux buissons.

Liste des plantes observées dans les bois des montagnes qui limitent au nord la vallée de l’Oued Essora, en face d’Aïn-Turck.

Nous suivons le cours de l’Oued Essora ; la vallée (environ 1,200 mètres d’altitude) offre quelques cultures, et nous y remarquons quelques Mûriers et des vignes presque sauvages qui s’enlacent dans les arbres. — Dans les bois dominant à l’est le Teniat-Touchent, nous voyons des arbres verts à forme pyramidale, que de loin nous croyons appartenir à une espèce nouvelle pour nous ; mais, en nous en rapprochant, nous pouvons constater que ces arbres, dont la forme insolite excitait notre attention, sont des Pinus Halepensis, qui, en raison de circonstances locales, n’ont pas leur port habituel. A l’ombre de ces arbres, nous trouvons le Ruscus aculeatus et les Euphorbia Nicæensis et verrucosa var. leiocarpa.

TRAJET DU DJEBEL CHELIAH A BATNA.

Au sortir du col de Teniat-Touchent, nous entrons dans la plaine d’Yabous où nous retrouvons un grand nombre d’espèces de la région des hauts-plateaux. — Le Djebel Amrous, qui borne la plaine au sud, est couvert de bois, dans lesquels dominent les Fraxinus dimorpha, Pistacia Atlantica et Juniperus Oxycedrus. — En ravin argileux, assez profond et à berges très accidentées, nous présente les mêmes arbres et de nombreux buissons de Calycotome spinosa ; l’Othonna cheirifolia y est d’une extrême abondance ; ce ravin nous conduit à un autre étage de la plaine ; cette nouvelle plaine est jonchée de ruines romaines, et nous n’y voyons d’autres cultures que quelques champs d’Orge brûlés par le soleil ; l’aspect général du pays nous rappelle les solitudes des hauts-plateaux de la province d’Oran. Un grand nombre de plantes vivaces n’ont pas encore fleuri (13 juin) ; mais la plupart des plantes annuelles ont déjà disparu. — Le sol, au voisinage de l’un des principaux affluents de l’Oued Taga, devient plus fertile ; de nombreux douars sont établis sur ce point, où l’on nous dresse notre tente auprès de ruines romaines qui couvrent un large espace ; les endroits frais présentent des pâturages et d’assez belles moissons. Un ravin profondément encaissé, et creusé par un cours d’eau qui se jette dans l’Oued Taga, nous offre, dans les rochers de ses berges escarpées, de nombreux pieds de Pistacia Atlantica et de Fraxinus dimorpha, et des touffes de Jasminum fruticans ; sur les alluvions déposées par les eaux, nous retrouvons le Brassica dimorpha que nous avons déjà recueilli sur les montagnes de Em-Medinah, et nous observons les espèces suivantes : Pulicaria Arabica, Velezia rigida, Ruta montana, Phelipæa Schultzii, Polycarpon Bivonæ, Cerastium Atlanticum, Sinapis pubescens, Othonna cheirifolia, Medicago secundiflora, etc. — Un colombier naturel s’est établi dans des cavités de la partie la plus escarpée du ravin, et de nombreuses volées de pigeons viennent y chercher un refuge.

En nous dirigeant vers le cours principal de l’Oued Taga, continuation de l’Oued Firez, nous observons dans des ravins argilo-schisteux de nombreuses touffes de Retama sphærocarpa, Anthyllis Numidica et Centaurea Parlatoris ; là nous retrouvons aussi en abondance le Brassica dimorpha, dont les alluvions de l’affluent de l’Oued Taga ne nous avaient offert que quelques individus. — Plus loin, des coteaux argileux, à croupes arrondies et creusées de nombreuses ravines, sont parsemés de touffes de Lygeum Spartum, Deverra scoparia, Asphodelus ramosus et Atractylis cæspitosa, entre lesquelles croissent les espèces suivantes : Erysimum strictum var. micranthum, Gypsophila compressa, Ruta montana, Hedysarum pallidum, Sedum altissimum, Eryngium dichotomum, Crucianella patula, Santolina squarrosa, Androsace maxima, Wangenheimia Lima, etc. Au pied de ces coteaux, dans les terres en friche de champs récemment cultivés, nous voyons réunies la plupart des espèces, qui, dans la région des hauts-plateaux, sont propres aux terrains remués.

Liste des plantes observées dans les champs et les terrains en friche aux environs de l’Oued Taga.