On a vu plus haut que le total des espèces mentionnées est de 1,428 ; mais nous devons faire remarquer qu’une espèce qui se trouve à la fois dans plusieurs régions, joue dans ces diverses régions le même rôle qu’un nombre égal d’espèces qui seraient propres à chacune de ces régions en particulier. Le tableau suivant, résumant pour chaque région ses principales affinités géographiques, permettra, par leurs sommes, de donner d’une manière plus exacte encore, les proportions relatives des éléments constitutifs de l’ensemble de la végétation.

Tableau résumant pour chaque région ses principales affinités de géographie botanique.
AFFINITÉS DE GÉOGRAPHIEBOTANIQUE.MÉD. LITT.MÉD. INT.H.-PLAT.MONT.SAHAR.SOMMES.
Végétation européenne1257915822899689





2061
Région méditerranéenne196142213193185929
Région méditerr. occident.4925506233219
Espagne, Portugal1113404623133
Italie, Sicile20121015158
Région méditerr. orientale127131033
Orient.3311121241



492
Orient désertique228690
Espagne, Orient518203376
Plantes spéciales2729708574285
Somme des espèces observées dans chaquerégion.4343105796745562553

On voit par ce tableau que l’élément européen et méditerranéen de la végétation est représenté par 2,061, tandis que la somme des autres éléments n’est représentée que par 492. En d’autres termes, les affinités de la végétation de la province de Constantine sont, pour plus des quatre cinquièmes, avec l’Europe ou les diverses contrées du bassin méditerranéen.

Tableau des principales familles indiquant le nombre des espèces par régions.
FAMILLES.MÉD. LITT. MÉD. INT. H.-PLAT. MONT. SAHAR. NOMBRE des ESPÈCES.
Renonculacées11716161032
Papavéracées447567
Fumariacées245619
Crucifères141541464890
Cistinées641012623
Résédacées2252711
Frankéniacées 1 44
Caryophyllées14919231649
Linées412117
Malvacées5452710
Hypéricinées3 1214
Géraniacées458101020
Zygophyllées 55
Rutacées 3236
Rhamnées 23627
Térébinthacées1 1324
Légumineuses6948586853164
Rosacées73326128
Lythrariées4 2114
Tamariscinées1 3 99
Paronychiées3312131421
Crassulacées2338 9
Ficoïdées1 1 56
Ombellifères211627371972
Rubiacées931319725
Valérianées3457 12
Dipsacées222416
Composées (Cynarocéphales)211937333071
— (Corymbifères)321321283979
— (Chicoracées)211429373066
Campanulacées22 518
Primulacées324538
Oléacées4133 6
Asclépiadées 33
Gentianées5 1215
Convolvulacées364439
Borraginées8817141633
Solanées233 49
Scrophularinées1188221038
Orobanchées 182612
Labiées101026311350
Plumbaginées2142814
Plantaginées4465910
Salsolacées141342326
Polygonées6365814
Daphnoïdées113526
Euphorbiacées115731222
Urticées242247
Cupulifères1 12 4
Conifères1 48211
Orchidées1 15 6
Iridées422315
Liliacées9111214727
Joncées2274312
Cypéracées71971019
Graminées4437656462143
Fougères1 2328

RÉGION MÉDITERRANÉENNE.

La région méditerranéenne est, comme nous l’avons déjà dit, limitée au nord par la Méditerranée, et ne nous paraît pas s’étendre au sud beaucoup au delà de Constantine, où sa limite méridionale n’est guère déterminée que par l’altitude (700 à 1,000 mètres environ) et l’aspect particulier des plaines déboisées qui indiquent le commencement de la région des hauts-plateaux.

De Philippeville à la limite de la région, l’inclinaison générale du sol est régulière et continue ; elle ne devient très prononcée qu’aux environs de Constantine, qui est à plus de 600 mètres d’altitude. Le pays est coupé, même sur le littoral, de chaînes ou de groupes de montagnes ; les plus élevées de ces montagnes sont celles de la Kabylie et celles des environs de Constantine. Les cours d’eau sont assez nombreux, et leur volume est en général assez considérable.

Les bois, qui sur le littoral couvrent de larges espaces, disparaissent vers Constantine. Nous avons donné dans la première partie de ce travail assez de détails sur la composition de ces bois pour n’avoir pas à y revenir ici. Nous rappellerons seulement qu’ils sont en général formés d’espèces réellement arborescentes, et non pas de broussailles parsemées d’arbres comme dans la plus grande partie de la région méditerranéenne de la province d’Oran. Leurs principales essences sont : le Frêne (Fraxinus australis) ; l’Orme (Ulmus campestris) ; le Chêne-vert (Quercus Ilex) ; le Chêne-Liége (Quercus Suber), qui est assez généralement répandu pour être l’objet d’une exploitation importante ; l’Olivier (Olea Europæa), qui sur quelques points forme presque à lui seul de véritables bois. Outre ces arbres, qui peuvent également se trouver par pieds isolés, nous devons mentionner : l’Azerolier (Cratægus Azarolus), qui, aux environs de Philippeville, acquiert un développement exceptionnel ; le Peuplier blanc (Populus alba) qui est très généralement répandu dans les endroits humides et aux bords des eaux ; le Tamarix Africana qui forme un bois assez étendu vers l’embouchure du Safsaf ; le Micocoulier (Celtis Australis), le Caroubier (Ceratonia Siliqua) et le Pistacia Atlantica, qui se trouvent dans les bosquets de la vallée du Rummel intérieur.