[4] J. Caraguel.

[5] Au moment où je corrige les épreuves de ce volume, on m'envoie le numéro de mars 1894 de la Revue occidentale qui publie un long article sur mon livre: La recherche de l'unité.[p.18] L'organe officiel du positivisme y fait trois déclarations intéressantes.

Par la première, les positivistes se défendent énergiquement de tomber dans l'erreur agnostique. J'enregistre à mon actif cette victoire inespérée. Par malheur, elle reste purement morale, car, en fait, le reniement de Pierre ne change rien à la doctrine de son maître, ni, en définitive, à celle de Pierre lui-même. La philosophie positive, nous assure-t-on, tient pour inconnaissable le problème de l'existence ou de la non-existence d'un inconnaissable. Soit. Mais j'imagine que lorsque M. Spencer, par exemple, postule la réalité de l'inconnaissable, il affirme en même temps son incognoscibilité. L'équivoque demeure donc pareille dans les deux cas.

La seconde déclaration des positivistes porte sur ma loi de l'identité des contraires. Les disciples de Comte acceptent cette loi comme une expression nouvelle du principe de l'inconcevabilité du contraire simultané, expression qui permet, disent-ils, de tirer du vieil axiome logique quelques applications heureuses. La notation algébrique adéquate au contenu de ma loi serait A + -A = 0, ce qui confirmerait une fois de plus l'universalité logique des formules de l'algèbre.

Enfin la troisième déclaration concerne ma critique du concept de limite. «On nous demande, dit l'auteur de l'article, M. d'Araujo, de quel droit nous prétendons enserrer l'avenir scientifique; nous répondons: en vertu du droit qu'a le mathématicien de garantir aux générations de calculateurs que le numérateur et le dénominateur de l'expression non-moi/moi = savoir, augmentant toujours d'une quantité égale, jamais ils n'atteindront l'unité.» Cela est fort bien, mais encore eût-il été à propos de nous démontrer que le rapport en question constitue nécessairement un nombre fractionnaire. J'ai à peine besoin de faire ressortir qu'aucun monisme rationnel, aucune doctrine enseignant l'unité immanente des choses ne saurait se prêter à une semblable pétition de principe.

[6] La Recherche de l'Unité, p. 176.

[7] L'Ancienne et la Nouvelle Philosophie.

[8] George Mouret, Bévue philosophique,1893, nos 7 et 8: Le problème logique de l'Infini: I. La relativité.

[9] Ibid., n° 7, p. 58 et suiv.

[10] V. La Recherche de l'Unité, chapitre viii: Le concept de limite et la relativité du savoir.