Avec une parfaite courtoisie, il n'insista pas. Je lui demandai en quoi je pouvais l'aider, il m'expliqua sans détours. Il s'agissait de parler en sa faveur aux chefs d'ateliers et aux contre-maîtres.
- Je ne sais pas bien quoi leur dire, fis-je, je t'ai expliqué que je ne m'entendais pas à ces sortes de propagandes.
Il ne tenta pas de revenir à l'assaut et de me placer un court résumé de ses projets que j'aurais dû moi-même développer à mes hommes.
- Dis leur que je suis ton ami, me dit-il simplement, et qu'ils te feraient plaisir en votant pour moi.
J'étais gagné moi aussi par cette argumentation si franche et si bien adaptée à moi; je lui répondis:
- C'est entendu, je te le promets.
Il me tendit la main avec une affection si spontanée que je l'interrogeai:
- Tu as vraiment envie d'être député? Cela t'amuserait?
- Pas autrement, répondit-il, mais que veux-tu que je fasse?
Décidément ce garçon, toute ma vie, devait me désarmer. Quand il sortit de chez moi, j'étais décidé à l'aider et les quelques jours qui suivirent, je l'aidai effectivement. Je parlai de lui à quelques collègues, à quelques ouvriers que je savais avoir de l'influence, non pas certainement comme Arsay leur aurait parlé, oh non, je leur disais tout bonnement, dans la langue que nous parlions eux te moi: