-Se battre à coup de poing, interrogeait Boum.
- Non, se battre pour tuer, reprenait-elle, avec des épées et des pistolets.
- Mais pourquoi qu'il le lui disait d'avance, qu'il voulait le battre. Le méchant pouvait partir... loin, loin.
- Parce qu'il était loyal, il voulait se battre et non l'assassiner. Ces rencontres s'appellent un duel, chaque adversaire cherche à toucher l'autre et à se défendre avec son arme.
- Mais alors, le bon aussi peut mourir, Mademoiselle.
- Oui, Boum, c'est pourquoi il est très mal de se battre en duel...
- Ah! c'est mal, fit simplement Boum.
De la même voix, un peu monotone, l'infirmière poursuivit la lecture, en jetant de temps à autre, un coup d'oeil sur son petit malade qui n'écoutait déjà plus. Le récit continuait, les péripéties les plus dramatiques se succédaient, la mère du bon héros venait sur le pré, pour essayer d'arrêter les bretteurs, et se mettait à genoux tout en essuyant ses beaux yeux "d'un mouchoir de soie orné de dentelle"...
Boum interrompit:
- Mademoiselle, se battre en avertissant, c'est moins mal que d'assassiner quand même, puisqu'il était loyal, le monsieur...