- De si bon matin? fit Laferrière. Qu'il monte.
Il pensa que ce devait être pour l'importante histoire du duel, et cette perspective l'ennuya. Un jour il faudrait bien, après tout, mettre fin à cette plaisanterie.
Un regret le prenait de l'avoir tant fait durer. Pauvre petit, qu'est-ce qu'il dirait s'il se voyait abandonné?
Boum fit une entrée inattendue. A peine eut-il ouvert la porte qu'il courut vers Laferrière, tomba assis par terre devant lui, et câlinement mettant sa tête sur les genoux de son ami, il se mit à sangloter sans pouvoir dire un seul mot.
Laferrière, ému, ne savait que dire.
- Allons, allons, faisait-il... ne pleure pas... qu'est-ce que tu as... dis-moi... explique.
L'enfant pleurait toujours. L'homme, désolé par ce chagrin, finit par grossir la voix et dire presque rudement:
- Assez, Boum, je te défends de pleurer ainsi.
L'effet de ce changement de ton opéra. Boum n'était pas habitué à s'entendre parler ainsi par celui qui était le confident de son coeur. Avec son petit mouchoir il tamponna ses yeux.
Laferrière en profita pour le relever. Il l'entraîna vers un divan un peu surélevé auquel un baldaquin de vieilles soies donnait un vague air de trône. Il força l'enfant à s'asseoir près de lui.
Boum, parla longuement.