Fig. 34. — Coupe prise aux environs de Beni Ounif, montrant la terrasse pliocène, et les dépôts quaternaires. Cette coupe est due à l’obligeance de M. Ficheur.

j, Calcaires jurassiques ; n, Grès albiens ; p, Pliocène ; q, Quaternaire.

Importance géographique du Vorland primaire. — Ces dépôts continentaux ont un caractère commun, leur faible puissance et leur discontinuité ; le socle de vieilles roches est largement dénudé ; nous avons été à même d’étudier ici le contre-coup de la surrection de l’Atlas sur son Vorland, et c’est être privilégié ; car, dans l’Atlas oriental tout entier le contact est enfoui sous un manteau continu et très épais de dépôts continentaux.

En Algérie, dans les trois provinces, au sud de l’Atlas saharien dans toute sa longueur, on sait que les dépôts d’atterrissement sont prodigieusement développés ; les plus anciens ont été attribués par les géologues à l’Oligocène. Ainsi donc, dans la cuvette d’Ouargla, dans la région des daya, dans celle de l’oued R’arbi et de l’oued Namous, les débris de l’Atlas se sont accumulés presque depuis le début de l’âge tertiaire ; ils atteignent des centaines de mètres d’épaisseur ; ce sont ces dépôts continentaux oligocènes et miocènes que M. Flamand appelle le « terrain des gour ». Cette formation, si particulière au Sud-Algérien, cesse ici pour la première fois de former un placage ininterrompu.

Dans l’est d’ailleurs, ce ne sont pas seulement les dépôts mio-pliocènes qui soustraient à l’observation le substratum primaire, mais aussi les formations crétacées, très puissantes et continues. Ici le crétacé n’est plus représenté que par des lambeaux cénomaniens.

Cette venue au jour de roches plus anciennes semble en relation avec un changement radical dans la nature de l’Atlas.

On a laissé le Grouz en dehors de l’étude géologique détaillée ; il n’est cependant pas si inconnu qu’on ne puisse dégager à son sujet un certain nombre de grands faits généraux, qui l’individualisent nettement par rapport à ses voisins orientaux, les massifs des Ksour et de l’Amour.

Grosso modo on est fixé sur sa constitution ; il est formé presque tout entier de calcaires liasiques et jurassiques. Les roches crétacées sont absentes, semble-t-il, sauf à la périphérie, où on retrouve avec les calcaires cénomaniens des lambeaux de grès albiens (à Beni Ounif par exemple [[fig. 34]]).

Ce sont précisément ces mêmes grès qui tiennent une place prépondérante dans la chaîne voisine des Ksour et dans le djebel Amour, constituant pour la plus grande partie la masse des montagnes, et donnant la note dominante du paysage. Cela revient à dire qu’en allant d’Aïn Sefra à Beni Ounif on quitte, à la hauteur de Duveyrier environ, l’Atlas gréseux pour entrer dans un Atlas calcaire.

On a déjà dit que le Grouz se termine au sud par un pli couché où l’on voit les calcaires jurassiques reposer sur les grès albiens.