Le sommet de l’Antar est aussi un îlot de végétation du Tell (bosquets de genévriers par exemple).

Mais tout le reste du pays a une végétation saharienne, c’est-à-dire dans la majorité des cas tout à fait absente. Le Béchar, le Mezarif, le Moumen, la hammada de Moungar Tarit, sont des étendues désolées de roc nu.

Quand un peu de végétation apparaît dans des coins de vallées privilégiés, c’est ce qu’on appelle au Sahara un pâturage, ces buissons rabougris et mal virescents dont le chameau se nourrit. (Voir pl. XXVI, [phot. 50.]) La végétation arborescente est surtout représentée par de rares tamaris, et quelques talhas très sporadiques (faux gommiers) ; il y en a un par exemple à el Morra.

Il faut noter pourtant la fréquence d’Anabasis aretioides, que les Arabes appellent ed-dega et le corps d’occupation « chou-fleur du bled », elle ressemble en effet à une pomme de chou-fleur posée au ras du sol sans tige. C’est une plante des hauts plateaux oranais qui disparaît à mesure qu’on s’éloigne plus avant dans le Sahara.

Notons aussi que le porc-épic, qui est nettement une bête du Tell, se trouve encore le long de la Zousfana entre Tar’it et Igli.

En somme la région de la Zousfana doit peut-être au voisinage de l’Atlas des pluies un peu moins rares que dans le reste du Sahara. Mais elle en reçoit directement très peu. C’est au réservoir de l’Atlas et en particulier du Grouz qu’elle doit d’être habitable à un assez haut degré. Figuig, Fendi, Ouakda, Béchar, Kenadsa, Tar’it, forment un groupe assez important de palmeraies, toutes alimentées par le Grouz. Notons que, pour trouver l’équivalent à la lisière du Sahara il faut aller dans l’ouest au moins jusqu’à Laghouat et peut-être même jusqu’à Biskra.

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.Pl. XXVI.

Cliché Gautier

49. — FALAISE DE KENATSA