Je donne à cette chaîne le nom d’Ougarta faute de mieux. Ougarta et Zeramra sont deux petites palmeraies sur sa lisière nord-orientale. Le mot chaîne gagnerait à être mis au pluriel ; il s’agit d’un faisceau puissant de petits chaînons. Ce faisceau couvre une superficie considérable, la presque totalité à vrai dire de la région considérée. A partir de Guerzim en effet la Saoura en longe la lisière orientale et l’occidentale touche à l’Iguidi. La chaîne d’Ougarta s’étend en largeur jusqu’aux puits d’Inifel et de Mana. Les oasis de Tabelbalet sont à l’intérieur de la chaîne.
En longueur, on la voit nettement commencer au sud au Markeb Bouda et à Ouled Saï ; mais la limite nord n’est pas connue. On sait seulement que la chaîne se prolonge vers le nord-ouest au delà de Zeramra et au delà de Tabelbalet.
La topographie de ce pays immense est très sommaire ; on l’a dressée avec quelques itinéraires levés par les officiers de Beni Abbès ; il n’y a malheureusement aucune comparaison possible avec la belle carte du Béchar dressée à loisir par le lieutenant Poirmeur. Les conclusions d’une étude géologique seront de ce fait affectées d’erreurs indéterminables. L’itinéraire que j’ai suivi moi-même part de Beni Ikhlef (à côté de Guerzim), et par Haci Touil, Oguilet Mohammed, Tinoraj, va rejoindre Ougarta. Il équivaut donc à une double traversée de la chaîne à peu près entière. D’autre part, j’ai suivi la Saoura sur tout son cours.
Âge des couches. — A la hauteur et à l’ouest de Kerzaz, au sud d’Aïn Dhob, dans une région faillée, s’étend la sebkha el Mellah. Elle est très particulière par l’épaisseur de ses dalles de sel. A en juger par la comparaison avec les autres sebkhas, celle de Timmimoun par exemple, qui est pour ainsi dire à peine saupoudrée de sel, on est tenté de croire que les seules conditions climatiques n’expliquent pas une pareille accumulation. Sur la rive ouest de la sebkha d’ailleurs on aperçoit de loin un monticule auquel les indigènes donnent le nom de Golb el Melah, « montagne de sel ». En Algérie il faudrait conclure à la présence du Trias ; on n’a jamais signalé au Sahara d’étage dévonien salifère. Il est évidemment impossible de conclure d’une façon positive, mais la question méritait peut-être d’être posée : notons qu’une montagne de sel est signalée sur le bas Guir[139].
| E.-F. Gautier. — Sahara Algérien. | Pl. XXIX. |
| Phototypie Bauer, Marchet et Cie, Dijon | Cliché Gautier |
55. — LE POSTE D’IGLI sur une gara carboniférienne.
Cliché Gautier