Les failles sont récentes en relation avec la surrection de l’Atlas ; les lèvres en rejet sont fraîches, ont gardé un profil de falaise : le grand lambeau horizontal mio-pliocène sur la crête de Tamegroun, (cailloutis et poudingues inconsistants), a le facies des dépôts miocènes ou si l’on veut oligocènes, il est dénivelé de 100 mètres par rapport à ceux des compartiments effondrés ; les failles ne peuvent donc pas être plus anciennes que le tertiaire.

Dans les compartiments surhaussés, l’érosion a été très active. Elle a été d’autant plus efficace que les couches d’argiles molles interstratifiées dans les grès durs lui donnaient une prise. Le relief s’est ainsi rajeuni et recréé par le creusement de profondes vallées longitudinales qui ont accusé en saillie marquée les plis hercyniens. La sécheresse du climat actuel aidant, qui exagère les pentes, d’après une loi bien connue, la chaîne d’Ougarta fait encore figure assez montagneuse.

Longues falaises infranchissables, gorges étroites en canyons, lits caillouteux à pente torrentielle ; — le relief est jeune, comme les effondrements qui ont été le point de départ du processus érosif.

La zone Beni Abbès-Ougarta. — Il nous reste à parler de la région comprise entre la chaîne d’Ougarta et la Saoura. Au point de vue géologique c’est la plus intéressante, malgré sa faible étendue relative, par l’abondance de ses fossiles et la variété de ses roches.

C’est un compartiment effondré par rapport à la chaîne d’Ougarta. Au contact les failles ne sont pas apparentes.

Partout sur la lisière orientale de la chaîne d’Ougarta, à Zeramra, à Ougarta, à Guerzim et au delà, on voit, ou on croit voir les couches du Dévonien inférieur plonger sous les couches plus récentes ou sous la hammada mio-pliocène d’une inclinaison régulière. Les bastions avancés de la chaîne, dj. Zeramra, dj. Kahla, Nif Kroufi, qu’on pourrait prendre sur la carte topographique du capitaine Prudhomme pour des horsts limités par des à-pics, sont au contraire, sur le terrain, autant que j’ai pu en juger, des bombements anticlinaux parfaitement réguliers.

L’hypothèse des failles n’en reste pas moins la seule qui puisse rendre compte d’une dénivellation aussi marquée et d’aspect aussi frais que celle qui existe entre la chaîne d’Ougarta et la hammada de Beni Abbès, ces deux parties disjointes d’une même pénéplaine. Les failles longitudinales par rapport au sens des plis échappent à l’observation plus aisément que les transversales.

Le compartiment effondré, comme d’habitude est plaqué de mio-pliocène et couvert çà et là de dunes. L’étude stratigraphique du substratum primaire est donc très malaisée. Pourtant le long de la Saoura d’une part, et d’autre part au pied des montagnes et au débouché des torrents, l’érosion a ménagé quelques fenêtres, où il est possible de faire sur le sous-sol des observations lacunaires.

Horst de Merhouma. — Le long de la Saoura entre Beni Abbès et Idikh, l’oued traverse une formation assez puissante, qu’on peut appeler, pour la commodité de l’exposition, couches de Merhouma, du nom du point d’eau au voisinage duquel on les aperçoit d’abord en venant du nord.

A la partie supérieure de la formation ce sont des grès, plongeant à l’est, qui ont tout à fait le facies éodévonien ; ils reposent, en discordance, je crois, sur une assise schisteuse, qui est restée malheureusement en dehors de la route suivie ; cette assise paraît puissante et ses éléments complexes ; on y trouve des schistes noirs très durs, à bilobites, qui ont le facies de certaines phyllades siluriennes du Sahara. Elle mériterait un examen approfondi[142].