Dans la cuvette de Beni Abbès j’ai pu observer le contact entre ces phyllades et les couches calcaires supradévoniennes. Ce contact est anormal, les couches calcaires sont coupées brusquement et rebroussées. Il y a là une faille, très ancienne, puisqu’elle était arasée quand s’est déposé le placage mio-pliocène.

Fenêtre d’Ougarta. — Le petit village d’Ougarta est à la limite exacte des grès éodévoniens, sur des argiles et des schistes argileux mous. Au sud du village s’étend une très grande sebkha, dont le sol est une pénéplaine de schistes argileux interstratifiés de couches calcaires minces.

Fig. 39. — Coupe à l’est de Zeramra. — Échelle : 1/300000.

(Bull. Soc. géol. Fr., 4e série, t. VI, p. 741, fig. 8.)

A trois ou quatre kilomètres d’Ougarta, sur la route de Beni Abbès on voit une couche de calcaire gréseux, pétri d’Orthocères et interstratifié dans un grès très tendre jaune clair.

A une dizaine de kilomètres au nord d’Ougarta, ce gisement à Orthocères se retrouve sous la garet Yhoudia, qui est un témoin détaché de la hammada mio-pliocène. La couche calcaire à Orthocères a un mètre d’épaisseur ; elle est interstratifiée dans des argiles rougeâtres beaucoup plus puissantes.

Aux environs d’Ougarta, si la couverture mio-pliocène fait à peu près complètement défaut, le sol est souvent couvert de dépôts quaternaires et de cailloutis actuel, apportés par les oueds de la montagne. Il n’a pas été possible de préciser les relations stratigraphiques entre ces affleurements de facies assez différent. Il est vrai que la stratification s’écarte peu de l’horizontale, et, à si faible distance, on peut supposer avoir affaire au même niveau ou a des niveaux très voisins, à moins pourtant qu’il n’existe des failles inaperçues.

Fenêtre de Zeramra. — Le petit village de Zeramra est, lui aussi, a la limite des grès éodévoniens ; il est bâti sur ces grès ; mais, dans son périmètre immédiat, on ne voit pas d’autres roches primaires. Le contact est voilé par le terrain quaternaire ou par des lambeaux de Mio-Pliocène.

En revanche, à quelques kilomètres du village, aussi bien sur la route d’Ougarta que sur celle de Beni Abbès, on traverse des couches puissantes bien différentes de celles d’Ougarta, au moins comme faciès ([fig. 39]). Ce sont des grès, généralement en plaquettes, intercalés de calcaires violets, bleus, amarantes, à crinoïdes, à spirifer, à orthocères. Ces couches sont très dures, elles sont énergiquement redressées et sont à découvert sur 2 kilomètres environ, elles ont donc une certaine puissance, au moins une centaine de mètres.