Au Timmi, à l’ouest de la Sebkha, autre affleurement très étendu de ktoub supradévoniens. Les couches sont redressées au voisinage de la verticale, elles m’ont paru pourtant avoir une tendance à plonger vers l’est. La direction du plissement est N.-N.-O.-S.-S.-E. (angle de 22° avec nord-sud).

Tout cela en somme est bien fragmentaire. Il semble pourtant qu’on puisse risquer la conclusion suivante.

Au large du Touat les couches primaires sont affectées de plissements hercyniens dirigés N.-N.-O.-S.-S.-E. Et c’est d’ailleurs une direction qu’on retrouve bien nette, avec une inflexion plus marquée vers l’ouest, dans la chaîne d’Ougarta.

En somme, sur toute la distance entre le Tidikelt et l’Atlas, la virgation de la chaîne hercynienne apparaît nettement. Franchement nord-sud au Tidikelt la direction des plis s’infléchit progressivement jusqu’à N.-O.-S.-E., d’un côté, tandis que de l’autre on voit apparaître par rebroussement la direction N.-E.-S.-O. (Timimoun, Zousfana) ; à partir du Gourara la structure est en éventail ([fig. 50]).

Crétacé. — Ce sont les terrains horizontaux d’âge post-primaire qui tiennent au Touat de beaucoup la plus grande place en superficie. On a déjà dit que tout le pays est une immense plaine. Mais l’attribution de ces terrains horizontaux à tel ou tel étage est assez délicate.

A l’est du Touat le problème est simple ; la route d’Adrar à In Salah par Ilatou et Matriouen ne sort pas du Crétacé. Elle traverse le grand plateau calcaire du Tadmaït. Une petite falaise calcaire que l’on franchit une quinzaine de kilomètres avant d’arriver au puits d’Ilatou en marque le début à l’ouest. Sur l’âge de ces calcaires nous sommes renseignés par des gisements fossilifères. Le plus rapproché du Touat, à ma connaissance est celui que j’ai trouvé à Matriouen (rive gauche de l’oued, au pied de la falaise) ; les fossiles identifiés par M. Ficheur sont : Pseudodiadema sp., Natica sp. Ostrea olisiponensis.

Nous sommes donc au même niveau qu’à el Goléa, cénomanien et turonien.

Au Touat comme au Gourara les calcaires massifs reposent sur des argiles gypseuses (cénomaniennes ?) qui reposent elles-mêmes sur les grès albiens. Les bois silicifiés abondent dans ces grès, comme d’habitude : le plus beau gisement est incontestablement celui de Taourirt. On y voit, dans la falaise qui domine le ksar actuel, de gros troncs silicifiés en place, encastrés dans la pierre[171] ; ici d’ailleurs ce n’est plus à proprement parler du grès, c’est un poudingue à gros éléments et ses éléments semblent uniformément primaires ou archéens, les quartz en particulier abondent. Ils ont été évidemment arrachés à une ride primaire quelconque, aujourd’hui arasée et enfouie sous les dépôts crétacés. C’est le seul point à ma connaissance où le grès à dragées prenne un facies aussi net de poudingue et c’est le seul point aussi où les bois silicifiés se présentent sous forme de troncs presque intacts. En général, on ne voit que des fragments à peine plus grands que la main.

La falaise de Taourirt paraît nous présenter une section d’un vieux lit d’oued précénomanien.

Au Touat (au rebours du Gourara), les grès albiens ont été incomplètement débarrassés par l’érosion de leur couverture d’argiles cénomaniennes. Sur la route du Gourara au Touat les argiles apparaissent du côté de Sba et de Guerrara. Les ksars du Timmi et du Boudda sont construits sur des argiles gypseuses, assez gypseuses même pour qu’on puisse au Boudda exploiter le plâtre.