Le grès albien affleure d’ailleurs çà et là (à Meraguen, au Boudda). Aussi n’a-t-on pas osé porter sur la carte géologique ces argiles cénomaniennes, aux contours indécis dans l’état de nos connaissances ; on a fait coïncider la limite du Crétacé moyen avec la base des calcaires turoniens.

A l’ouest du Touat l’attribution des couches horizontales à tel ou tel étage devient plus délicate. On peut affirmer en tout cas qu’elles tiennent une grande place, réduisant les affleurements primaires au rôle de fenêtres. Elles sont de composition assez uniforme, argiles de couleurs vives, rouges et vertes, alternant avec des bancs de grès du type habituel, à dragées et à bois silicifiés.

A la partie supérieure de cette formation on voit quelquefois des argiles gypseuses ; au puits de Sefiat, en particulier, elles constituent les falaises qui entourent le puits. Pourtant le grès a souvent un facies particulier, qui n’est pas celui des grès à dragées, il est spongieux, creusé de cavités, entre lesquelles subsistent des colonnettes filiformes, j’imagine qu’il est calcarifère. A la surface des hammadas il se découpe en buttes ruiniformes qui sont une nouveauté dans le paysage.

Ce grès particulier constitue par exemple toute la hammada d’où émerge le chicotéodévonien du dj. Heirane. On le voit à Haci Boura, à Haci Rezegallah.

Il est vrai que sur la route entre le dj. Heirane et le Bouda j’ai cru observer le passage latéral d’un facies à l’autre.

Nulle part, à ma connaissance, on ne voit réapparaître les calcaires et les marnes fossilifères du Tadmaït, qui permettent dans la région orientale une détermination précise.

Pourtant ces formations horizontales manifestement post-primaires, se distinguent bien nettement des dépôts tertiaires par leur compacité et leur aspect ancien ; localement elles ont été vigoureusement affectées par des failles ([fig. 46]) ; il est difficile de ne pas les croire prétertiaires. Et après tout leur analogie de facies est évidente avec l’albien du Touat dont il est naturel de croire qu’elles sont ce qu’elles paraissent, un simple prolongement.

Notons que M. Chudeau a vu, au Tegama, une formation qu’il juge analogue aux grès albiens du Touat et contemporaine. MM. Mussel et Cortier signalent au voisinage de Taoudéni des couches de facies analogue. Il est très possible que tous ces affleurements très distants les uns des autres se rejoignent. Tout se passe comme si le Crétacé inférieur, représenté par une formation argileuse et gréseuse à fossiles végétaux, et d’origine continentale ou lagunaire, couvrait d’immenses espaces dans tous les bas-fonds du Sahara, entourant d’une immense auréole les massifs du Hoggar.

Et en tout cas, à l’ouest du Touat, on ne connaît pas encore de limites occidentales à l’extension en surface de cette formation.

Mio-Pliocène. — Il reste à parler des dépôts tertiaires continentaux qui jouent un si grand rôle au nord. Ici leur rôle est très réduit. Çà et là auprès des puits de Sefiat, par exemple, ou du puits d’Hammoudiya, on voit sur le Crétacé un lambeau de croûte calcaire qu’on peut rapporter au Pliocène. Mais on ne rencontre de dépôts assez étendus pour être notés sur une carte schématique qu’au voisinage des oasis.