Fig. 52. — Coupe schématique de l’Aouguerout.
A, Quaternaire et Crétacé ; B, Primaire ; C, Crétacé redressé ; D, Crétacé horizontal ; E, foggara avec ses puits d’aération.
Pourtant à titre de curiosité il faut signaler deux puits artésiens, celui d’Ouled Mahmoud et celui de Kaberten. Pas de renseignements sur ce dernier, mais pour le premier il semble que le puits soit en relation avec l’existence d’une cuvette synclinale dans les couches crétacées, dont l’horizontalité habituelle est ici dérangée.
On a déjà dit que la palmeraie de l’Aouguerout, très isolée, à l’écart et en amont des autres, est elle aussi en rapport avec une faille qui a dérangé l’horizontalité des couches crétacées ; les têtes des foggaras sont en amont de la faille, les palmiers en aval ([fig. 52]).
Un forage dans la palmeraie a amené la découverte à une faible profondeur (une dizaine de mètres) de roches primaires fossilifères (un fossile a été vu par M. Chudeau).
Il y a donc au Gourara des accidents brusques et très localisés, failles ou plis posthumes, qui ont intéressé les couches crétacées, y faisant naître des cuvettes synclinales, des poches d’eau, où il devient possible à titre exceptionnel de forer des puits artésiens dans ce pays de foggaras. C’est un trait de ressemblance avec le Tidikelt, bien plutôt qu’avec le Touat.
Une autre particularité du Gourara, qui rappelle encore le Tidikelt, c’est qu’il est relativement riche en pâturages (Deldoul, Bel Razi, Lalla R’aba). Rien de semblable ne s’observe au Touat.
Il faut se souvenir que, au Touat et au Gourara, le sol n’est pas tout à fait le même. Ici les grès albiens sont à nu. Au Touat, à tout le moins dans le haut Touat, ils sont généralement recouverts d’un placage d’argiles cénomaniennes. Il se peut qu’un sol de grès soit plus favorable aux pâturages.
Mais il faut peut-être faire intervenir surtout des causes humaines. Lalla R’aba, par exemple, fut un lieu de cultures ; on voit encore le tracé des foggaras mortes, et les ruines d’un ksar. — Mais ce ksar, dit-on, a longtemps servi de rendez-vous et de base d’opérations aux bandes beraber, qui ont fait le vide ; et le pâturage, naturellement, a bénéficié de l’abandon des cultures.
Des trois groupes touatiens, le Gourara est probablement le plus riche en eau, comme il est le plus peuplé, mais il y a des raisons de croire que la culture y est moins intensive qu’au Touat. Il a en effet une population particulière, plus primitive et moins évoluée.