Géologie de la pénéplaine entre le Tidikelt et le Mouidir-Ahnet.
Entre le Tidikelt et les premiers contreforts du Mouidir, de l’Ahnet et de l’Açedjerad s’étend une région naturelle, caractérisée par son extrême aridité. Elle est donc particulièrement difficile à connaître puisqu’on la traverse à marches forcées. Nous en avons amorcé l’étude en étudiant le substratum primaire du Tidikelt.
Cette région a été traversée par moi, seul ou en compagnie de M. Chudeau, suivant trois itinéraires différents — d’In Salah au Mouidir — de Taloak à Baba Ahmed — de Taourirt à Taloak.
D’In Salah au Mouidir. — On a déjà parlé des premières couches rencontrées, celles de l’O. Inesmit et de Haci el Kheneg.
Au pied des premières pentes du Mouidir, aux puits de Afoud dag Rali, Bel Rezaïm et In Belrem, on rencontre des couches particulièrement intéressantes parce qu’elles sont très fossilifères. Les fossiles, étudiés par M. Haug, appartiennent au Dévonien supérieur[229].
La succession des couches est la suivante de bas en haut :
| 1. Schistes bariolés | 10 | mètres. |
| 2. Grès | 5 | — |
| 3. Calcaires | 3 | — |
| 4. Grès à grain fin clairs | 10 | — |
| 5. Grès rouge | 3 | — |
Toutes ces couches sont peu ou prou fossilifères, mais surtout les calcaires. Dans les schistes et dans les grès rouges, on trouve des dépôts plâtreux, parfois cristallisés. Cette formation constitue une arête de faible altitude, — une vingtaine de mètres, très continue sur une trentaine de kilomètres et jalonnée par les trois puits.
Ces couches, au moins dans la partie nord de l’arête, plongent à l’ouest de 45° au moins, et d’autre part sur la rive droite de l’O. In Belrem dont elles longent la rive gauche, les grès éodévoniens plongent dans le même sens et semblent s’enfoncer en stratification concordante sous le Néo-Dévonien, le contact étant ennoyé. De sorte qu’on croirait avoir affaire à un plissement qui aurait affecté les deux terrains. Une étude attentive montre qu’il n’en est rien.
En effet, les coupes aux deux puits septentrionaux Afoud dag Rali et Bel Rezaïm montrent bien les couches néo-dévoniennes plongeant à l’ouest de 45°.