Mais, au puits d’In Belrem, la stratigraphie est bien différente. Au puits même on retrouve, parfaitement horizontaux, ces mêmes calcaires fossilifères qui, aux deux autres puits, sont redressés énergiquement. Au sud du puits d’In Belrem, l’accident néo-dévonien n’est plus une arête, c’est une falaise où les couches néo-dévoniennes sont horizontales. Au pied de la falaise on voit affleurer un paquet de ces mêmes couches (ou du moins elles m’ont paru telles), extrêmement redressées et voisines de la perpendiculaire. La faille se constate donc directement.

En somme, le long de l’O. In Belrem, le contact est anormal entre l’Éo- et le Néo-Dévonien.

De Taloak à Baba Ahmed. — On a déjà parlé de la section septentrionale de cet itinéraire, depuis Baba Ahmed jusqu’à une quinzaine de kilomètres au sud de Tirechoumin. On a dit qu’il court là un pli hercynien, où le Carboniférien joue un rôle important, et qui s’arrête court à une ligne de faille, au delà de laquelle les couches carbonifériennes sont horizontales.

Ces couches horizontales s’étalent en plateau jusqu’à Haci Ar’eira sur un trajet d’une quinzaine de kilomètres. A la base sont des schistes très fissiles (ktoub), passant au grès en plaquettes. Au sommet, des calcaires violets fossilifères.

D’autre part, M. Villatte a rapporté des fossiles carbonifères de deux points situés à une petite distance dans l’ouest (Tin Tenaï et l’O. Kraam). La bande carboniférienne s’étend donc jusque-là. Au delà, entre Haci Ar’eira et l’oued In Gharen, à travers l’ennoyage, on voit percer, à deux ou trois reprises, des couches dont je ne puis pas indiquer la succession exacte, mais qui sont des bancs de grès bien lités, des grès en plaquettes, des schistes fissiles, des argiles schisteuses et des bancs de calcaires bleus à Crinoïdes. Le facies est à peu près le même que celui du Carboniférien (?) de l’oued Inesmit. Ces couches, quand elles ne sont pas horizontales, sont affectées d’une plongée légère vers le nord ; je crois que leur horizontalité a été dérangée par de petites failles.

Au sud de l’O. In Gharen, le long de l’oued Adrem, jusqu’à Taguerguera, sous les ergs Tessegafi et Ennfouss, le placage des alluvions et des dunes soustrait le sous-sol primaire à l’observation sur de grands espaces. La région est une vaste cuvette où viennent converger tous les oueds de l’Ahnet et de l’Açedjerad ; l’oued Adrem est souvent encaissé entre des terrasses d’alluvions anciennes (terrasses de cailloutis auprès de H. Tadounasset).

Toutes les fois que le sous-sol primaire apparaît, il est d’aspect assez uniforme, des argiles et des marnes schisteuses de couleurs vives, avec d’assez rares intercalations de bancs calcaires très minces. Malgré l’uniformité du facies, cette formation essentiellement argileuse ou marneuse se rapporte à deux étages, Méso- et Néo-Dévonien. En effet, sur tout le pourtour méridional de l’erg Tessegafi les gisements fossilifères abondent.

Au-dessus des berges de l’O. Tadounasset sur les flancs d’une gara haute de 50 mètres environ, M. Villatte a recueilli dans des marnes une faune étudiée par M. Haug, qui conclut ainsi[230] : « L’ensemble de la faune possède incontestablement un cachet néo-dévonien. »

D’autre part, « un peu à l’est du campement de l’O. Tadounasset, à Tin Taggaret, M. Villatte a recueilli encore dans des marnes » plusieurs fossiles méso-dévoniens étudiés par M. Haug[231].

Enfin, nous pouvons signaler deux nouveaux gisements méso-dévoniens à Meghdoua et près de Taloak (à 3 ou 4 kilomètres N.-E. en bordure de l’erg).