Si mal connus que soient les causses crétacés on ne peut pas mettre en doute l’existence d’un bombement anticlinal très accusé qui sépare les ergs orientaux et occidentaux, les oasis d’Ouargla et du Touat. Enfin, en Algérie même, on retrouve peut-être un dernier écho de ce grand axe nord-sud. Dans sa prolongation, en effet, se trouvent les hauts plateaux miocènes de Médéa, qui contrastent curieusement avec le niveau très bas des dépôts contemporains dans la vallée du Chéliff à l’ouest et dans celle de l’O. Souman à l’est.
En somme, une grande arête, très accusée et très bien marquée, un trait tout à fait essentiel de l’orographie nord-africaine, sépare les bassins de l’Igargar et de l’O. Messaoud.
Il faut noter au Tidikelt que les oasis apparaissent à l’ouest du dj. Azzaz. — A l’est le fossé d’effondrement semble se prolonger très loin mais il est désert.
La direction nord-sud joue donc un rôle considérable dans la structure générale ; elle se retrouve à chaque instant dans les détails du modelé.
Chaque oasis du Tidikelt aligne ses palmiers au fond d’une cuvette synclinale dont le grand axe court nord-sud. La coupure d’In R’ar a cette même direction ; de même que presque toutes les diaclases de l’Açedjerad, de l’Ahnet, du Mouidir.
En somme, un pays d’architecture tabulaire où le contre-coup de la surrection de l’Atlas s’est fait sentir énergiquement ; les failles, les diaclases, les plis posthumes tertiaires, ont suivi les directions qui leur étaient imposées par celles des plis et des failles primaires.
Toute la région est drainée par l’O. Djar’ét, dont le réseau compliqué est aujourd’hui bien connu dans ses grandes lignes. — La contribution de Tadmaït est très faible, le seul affluent considérable qu’il envoie au Djar’ét est l’O. Souf qui a creusé la coupure d’In R’ar. Du Mouidir, de l’Ahnet, de l’Açedjerad, de grandes artères (le Bota, le Nazarif, le Souf Mellen, l’Adrem, le Meraguen) convergent et viennent se perdre dans la grande sebkha Mekhergan. Il est probable que cette grande sebkha avait à l’âge quaternaire un émissaire encore inconnu qui rattachait tout le système à celui de l’O. Messaoud. On s’est expliqué là-dessus dans un chapitre antérieur.
Inutile de dire que ce grand réseau quaternaire n’a plus un intérêt actuel, on ne sait même pas dans quelle mesure il est susceptible d’être animé accidentellement par de grandes crues.
Ce qui est certain c’est que les grandes artères, toute la partie basse du réseau, tout ce qui, dans un pays humide, serait particulièrement vivant, tout cela aujourd’hui est un désert, un Tanezrouft. La vie s’est réfugiée à la périphérie, de part et d’autre de l’artère centrale, d’un côté au Tidikelt et de l’autre sur les plateaux touaregs.