Ce grand couloir de l’O. Djar’et est libre de sable au milieu, presque partout on marche sur un sol de roche nette, ou de reg, en un mot sol décapé. Les dunes sont rejetées de part et d’autre, au pied du Tadmaït d’une part, et de l’Ahnet de l’autre (dunes du Tidikelt, erg Timeskis, erg Enfouss, Tessegafi, Fisnet).

Pourtant la sebkha Mekhergan, qui est dans une position tout à fait centrale, est partiellement recouverte et bordée de dunes.

En somme, là comme ailleurs, il semble bien que les dunes se trouvent précisément là où le ruissellement des oueds quaternaires a accumulé les plus grandes masses d’alluvions — à la surface et auprès de ce grand lac desséché qu’est la sebkha Mekhergan, et le long des grandes lignes de rupture de pente.

Plateaux Touaregs.

La partie étudiée des plateaux touaregs est l’extrémité occidentale d’une région beaucoup plus étendue et très uniforme, qui embrasse le Mouidir tout entier, et le Tassili des Azguers. C’est une auréole de grès éodévonien, qui s’étire d’est en ouest sur douze degrés de longitude, et qui joue au Sahara un rôle tout à fait considérable au point de vue humain.

La section étudiée embrasse le Mouidir occidental, l’Ahnet et l’Açedjerad, de Aïn Tadjemout à Ouallen soit une bande de 300 kilomètres de long.

On s’est efforcé déjà d’en décrire par le menu la composition géologique et la structure, qui expliquent sa richesse en eau et en pâturages ; et par conséquent son importance en géographie humaine.

C’est un pays montagneux, les sommets de l’Adr’ar Ahnet doivent approcher de 1000 mètres. Il y pleut à coup sûr un peu plus que dans les plaines basses, quoique là-dessus nous n’ayons ni une observation, ni a fortiori une série d’observations précises. A coup sûr le climat reste saharien, il n’y a pas de pluies régulières, saisonnières et annuelles. En 1903, 1904, 1905, au dire des indigènes, corroboré par la baisse des sources, il n’est pas tombé une goutte d’eau.

Ces montagnes sont en grande partie gréseuses. Les grès reposent sur un soubassement silurien à peu près imperméable ; ils sont très perméables, malgré leur âge, parce qu’ils n’ont jamais été plissés et métamorphisés ; ils sont médiocrement épais ; et interstratifiés de couches argileuses qui les divisent en compartiments étanches ; enfin ils sont faillés et dénivelés. C’est un ensemble de conditions merveilleusement favorables à la création de nappes souterraines et à leur utilisation par l’homme.

Aussi les plateaux touaregs ont une vieille réputation d’humidité et de verdure ; et ils ont incontestablement un caractère désertique moins accusé que les effroyables plateaux crétacés du Mzab et du Tadmaït.