Il faut définir ainsi les Touaregs : ce sont ceux des Berbères Sanhadja, qui ont échappé jusqu’ici au grand mouvement d’expansion islamique, parti au XVe siècle de la Seguiet el Hamra. On trouve en présence au Sahara, sur deux domaines très distincts, d’une part des Touaregs, et de l’autre des Arabes nomades, des Maures. Il y a entre eux d’énormes différences de langue, de culture, de mœurs, de costume, d’armement, sans parler de haines inexpiables. Ce sont deux peuples différents à coup sûr et l’on voudrait dire deux races. L’histoire nous montre que ce fossé si profond est creusé d’hier ; de part et d’autre il y a les mêmes Berbères Sanhadja, mais les uns sont franchement convertis à l’islamisme, et les autres ont conservé dans la famille, dans la société, dans les mœurs, une énorme quantité de survivances préislamiques ; disons que les uns sont des civilisés et les autres des sauvages. Nous avons vu que le Tidikelt est la dernière conquête arabe, et que le résultat de la conquête fut la création des palmeraies. Comme représentants de la civilisation, c’est nous qui avons succédé aux marabouts marocains. Réussirons-nous à créer des oasis dans l’Ahnet ?

D’une façon générale, les plateaux touaregs et les causses du Tadmaït ont actuellement à peu près la vie économique qu’ils méritent. Les causses sont le pays classique des très grosses sources qui concentrent la vie sur un petit nombre de points. Les plateaux gréseux, qui sont en Europe pays de bois, semblent naturellement appelés au désert à devenir pays de pâturages.

Il semble incontestable pourtant que les Touaregs, aussi longtemps qu’ils furent les maîtres au Tidikelt y ont entravé la culture. On se rend très bien compte d’ailleurs qu’ils l’entravent au Hoggar, où elle semble appelée à prendre un certain développement[272]. L’avenir agricole du Mouidir-Ahnet est plus incertain en ce sens que les indigènes, dont la connaissance du pays est la base même de tout progrès, ne nous donnent ici aucune indication. L’avenir dépend d’un forage heureux de puits artésien, et le choix de l’emplacement est délicat.

[219]Voir la [carte] p. 315 et la grande [carte géologique] en couleurs.

[220]M. Flamand a constaté l’existence de cette faille dès 1900, ainsi qu’il a bien voulu me l’affirmer oralement.

[221]Je répète qu’une partie de tout ceci est empruntée aux conversations de M. Flamand.

[222]C. R. Ac. Sc., 23 juin 1902. M. Flamand ne précise pas la provenance des fossiles qui lui ont été envoyés par M. le capitaine Cauvet.

[223]C. R. Ac. Sc., 2 juin 1902.

[224]Documents, etc., p. 588, fig. 152.

[225]Id., p. 755.