Au delà d’Ouan Tohra il l’a été d’après le carnet de M. le lieutenant Clore ; ce sont des garanties supplémentaires d’exactitude.

D’ailleurs il a été possible de contrôler et de corriger l’itinéraire avec l’aide d’observations astronomiques. A Taourirt, avec la lunette Cazemajou nous avons observé l’occultation de k de la Vierge (immersion du 15 mai 1905) ; calculée à l’Observatoire d’Alger cette occultation a donné — 8s 26m,9 soit 2° 6′,5 ouest. La latitude, d’après des observations anciennes de M. le commandant Deleuze est 26° 42′,0. Avec le sextant réparé à Taourirt et dont l’erreur instrumentale, restée immuable puisque là soudure n’a pas bougé, a pu être être déterminée, j’ai pris à la traversée de l’Açedjerad trois séries d’observations de hauteurs de Polaire qui ont donné les latitudes suivantes :

Haci bou Khanefis25° 8′,0.
Iglitten24° 53′,3.
Aïn Tezzaï24° 46′,0.

L’état de l’instrument pourrait laisser quelques doutes sur la valeur des conclusions, mais ces doutes sont levés par la comparaison avec les observations de M. Villatte, dont l’itinéraire croise le mien en deux points, Tadounasset et Tin Taggaret.

Les observations de M. Villatte et les miennes donnent cinq latitudes qui toutes ont ceci de concordant qu’elles offrent avec les données du carnet un écart à peu près constant de 5 à 7 minutes. On a donc des données sérieuses pour corriger les latitudes du carnet entre Taourirt et Tin Taggaret.

D’autre part les observations de M. Villatte permettent d’apporter une correction aux longitudes dans la même section de l’itinéraire.

Dans la seconde section, au delà de Tin Taggaret on peut s’appuyer sur la position d’In Ziza, qui a été déterminée par M. Villatte en latitude et en longitude. Moi-même en 1903 j’avais obtenu au théodolite une latitude d’In Ziza[274] tout à fait concordante avec les observations ultérieures de M. Villatte.

La correction à apporter à l’itinéraire est très forte, beaucoup plus que dans d’autres tronçons ; ce n’est pas surprenant si on considère la nature du terrain au nord de Tikeidi et au sud de Tin Senasset. Il s’étend là de grandes superficies tout à fait arides, qu’on est forcé de traverser à marche forcée de jour et de nuit.

En répartissant l’erreur ainsi obtenue, on obtient pour les points successifs de l’itinéraire les résultats indiqués au tableau de la page suivante.

Ces itinéraires ont été reportés sur deux cartes jointes au deuxième et au septième chapitre.