Terminus a quo. — D’autre part je crois bien que les pauvres mobiliers funéraires trouvés dans les ardjem nous permettent de fixer un terminus a quo. En voici l’énumération. (Voir pl. XV, phot. [28] et [29.])
Aïn Sefra. — Un redjem A situé à Teniet R’zla (Feidjet el Betoum de M. le Dr Hamy) ne contenait qu’un ornement en os travaillé, « un disque plat et poli, de forme ovale raccourcie, qui mesure 35 mm. sur 30 ». (Voir [phot. 29,] au centre de la figure.) Pas d’objets en métal, un certain nombre de silex peut-être taillés, mais trop rudimentaires et trop communs pour qu’on les considère avec certitude comme partie du mobilier funéraires.
Un redjem B situé au sud-est d’Aïn Sefra (djebel Mekter) a livré le mobilier le plus riche que j’aie rencontré au cours de mes fouilles, et sans doute ce n’est pas beaucoup dire. Aux pieds du squelette « un robuste outil de fer, bien conservé, long de près de 0 m. 18, dilaté aux deux bouts en prismes à quatre plans et terminés en pointes, de façon à rappeler la forme des carrelets actuels ». A cette description qui est du Dr Hamy, j’ajouterai que le milieu de l’« outil » semble avoir été recouvert d’une gaine en cuir (?) ou en bois (?) semblant constituer une poignée. Au voisinage des deux pointes, qui sont de longueur inégale, on distingue des intumescences de coloration plus claire, bien visibles sur la photographie qui semblent être une trace laissée par les extrémités de la gaine. J’ajoute aussi que les archéologues n’ont pas pu identifier cet outil. (Voir [phot. 28] sur le bord droit de la figure.)
A côté se trouvaient des débris, assez cohérents au moment de l’exhumation, de ce que j’estime avoir été un fourreau cylindrique, apparemment celui de l’outil ; notons cependant que M. Hamy a cru y reconnaître une douille de lance ou de javeline. (Voir [phot. 28,] sur le bord gauche et en bas.)
Dans la même partie de la tombe un tout petit annelet de cuivre, gros comme une perle, ayant apparemment servi d’ornement à l’outil ou à son fourreau.
Dans un autre coin mal déterminé, une tige de fer terminée par une sorte de spatule triangulaire, mais qui faisait avec la tige un angle de 45°. Serait-ce un grattoir ? Et l’outil en forme de carrelet serait-il un perçoir ? outil à l’usage des nomades qui employaient beaucoup le cuir ? M. Hamy semble considérer la tige de fer à bout en spatule comme un débris de javeline (?)
Ce qui importe après tout, c’est que ces objets, si difficiles à identifier, déformés par la rouille, sont incontestablement en fer.
Dans un autre coin du tombeau, auprès des os de l’épaule et de la main, qui se touchent :
Deux bagues de cuivre, une « plaque de ceinture en cuivre de forme carrée, longue, ornée sur son pourtour d’un fin pointillé repoussé, et fixée par deux clous en fer, dont l’un est encore adhérent à son rivet de cuivre circulaire et aplati » : la plaque a 2 cm. sur 5 ; son attribution à une ceinture est naturellement hypothétique. (Voir [phot. 28] sur le bord gauche et en haut.)
Dans la même région d’Aïn Sefra (dj. Mekter) M. le capitaine Dessigny a fouillé d’autres tombeaux, une quarantaine. Dans le plus remarquable il a trouvé, à la hauteur du cou, « 81 petites rondelles aplaties et percées au centre, mesurant 5 mm. de diamètre ». Au milieu de ces rondelles, qui ont été découpées dans la coque d’œufs d’autruche, « se détache une perle de cornaline de forme sphérique, aplatie, large de 8 mm., haute de 5, deux autres grains lenticulaires en verre irisé » ; « un autre collier, porté par le même personnage, était fait d’une lamelle de cuivre très étroite (1 mm.), tordue en spirale allongée ; la partie conservée mesure environ 8 mm. 13 de longueur ». (Voir [phot. 29] au centre de la figure.)