1 est bien grossier, de facture récente, sans patine (comme 3 d’ailleurs) ; à la direction de la corne, recourbée devant les yeux, il semble bien qu’il faille reconnaître le bœuf algérien actuel, si fréquemment figuré, Bos ibericus.

Dans une gravure tout à fait semblable à 5, Pomel veut reconnaître « un grand Échassier de la famille des Cigognes et des Grues »[75]. Ici il est manifestement impossible de le suivre, l’éminent géologue est victime du point de vue paléontologique auquel il se place. C’est la figuration conventionnelle classique de l’autruche dans toutes les gravures rupestres nord-africaines.

Fig. 17. — Gravures rupestres de la station de Barrebi. — Réduction au vingtième d’après des calques du lieutenant Pinta.

1. Bos ibericus. — 2 et 3. Bœufs (2 très soigné). — 5. Autruche. — 4, 6, 7. Lion. — 8. Chameau. — 9, 10, 12. Cavalier numide. — 14. Stèle funéraire du musée d’Alger.

(Figure extraite de L’Anthropologie. Masson et Cie, édit.)

Les figures commentées jusqu’ici sont d’antiquité inégale ; s’il fallait, au point de vue chronologique, attribuer une valeur absolue à la facture, au fini de l’exécution, 2 de la [figure 17] tout seul, en y joignant peut-être 1, 2 et 5 de la [figure 16,] mériterait d’être rangé dans la catégorie de gravures rupestres anciennes ; mais toutes ces gravures du moins, même les moins patinées, sont de grandes dimensions, et circonscrites d’un trait net.

Celles dont il nous reste à parler sont franchement libyco-berbères et évoluent vers le schéma, le graphisme conventionnel. A noter des images de carnassiers, de lion peut-être (4, 6 et 7 de la fig. 17), une figuration de chameau (8), une gravure tout à fait indéchiffrable (13), et enfin des cavaliers porteurs du bouclier rond et des trois sagaies. C’est l’ornement classique des Libyens sur les stèles d’Alger[76].

J’ai reproduit ci-contre une de ces stèles provenant de la Grande-Kabylie. L’analogie saute aux yeux. Il est clair que nous avons dans ces trois gravures 9, 10 et 12 une représentation grossière du « cavalier numide » ou « gétule ».

Ce sont les seules figures humaines que j’aie notées dans la station avec une toute petite figure à phallus dressé entre les cornes du Bubalus antiquus.