—Merci, monsieur, je n’ai pas l’intention d’aller en Égypte. Mais vous seriez bien aimable d’écrire le nom de mon frère et le mien.»

L’écrivain défère volontiers au désir de la fillette et remet sa carte à chacun des deux enfants.

La promenade continue. Ah! voici un théâtre. Les deux enfants demandent à maman de les faire assister à une représentation.

Ce théâtre ne ressemble pas du tout à un théâtre parisien. L’orchestre comprend quatre musiciens, qui sont assis au fond de la scène et jouent toujours la même chose: un air monotone composé seulement de quelques notes.

Des Africains font des assauts de sabre; des sauvages noirs se livrent à toutes sortes de contorsions qui constituent, paraît-il, la chorégraphie de leur pays. De jeunes femmes, vêtues de costumes aux couleurs chatoyantes, dansent en imprimant à leur corps de gracieux mouvements; ce sont des almées. Elles s’accompagnent avec des castagnettes de métal.

«Mes enfants, dit maman, il se fait tard, et il va falloir songer au départ.

—Déjà!...» répondent Jacques et sa sœur.

Ce déjà prouve qu’ils ne se sont pas ennuyés et que le temps a passé vite pour eux. Avant de quitter la rue du Caire, ils assistent aux évolutions d’un singe savant qui, au son du tam-tam, fait l’exercice, danse et exécute des tours de gymnastique.

Que de choses ils vont avoir à raconter à leur papa, quand ils seront de retour à la maison!