—Mon ami, répond maman, cette machine est un ventilateur, et son rôle est précisément de produire du vent.

—De produire du vent, je le veux bien, mais non pas de me décoiffer.

—L’accident n’est pas grave, avoue-le; et je t’engage à pardonner à l’appareil de l’avoir causé, en faveur des services qu’il rend. Songe que c’est au moyen des ventilateurs que l’on renouvelle l’air dans les endroits où il est vicié. De son souffle puissant l’instrument chasse et remplace l’atmosphère insalubre, et empêche ainsi les maladies et les épidémies.»

Après cette explication de sa maman, Jacques n’est plus du tout fâché contre le ventilateur.

«Mesdames et messieurs, dit un jeune homme assis derrière une petite table surmontée d’une caisse singulière, venez écouter un concert donné il y a dix mois, à New-York.»

Madeleine et son frère se regardent, tout étonnés. Comment est-il possible que, de Paris, on entende de la musique exécutée à New-York, dix mois auparavant? Sans doute ce jeune homme veut plaisanter.

Eh bien, non, il ne plaisante pas du tout. L’appareil qui est sur la table est un phonographe, c’est-à-dire un instrument qui recueille les sons et les reproduit quand on le désire.

«Le phonographe, dit maman, a été inventé par le célèbre Américain Edison. Plus tard, quand vous étudierez la physique, vous apprendrez que c’est à l’électricité et au magnétisme qu’il doit ses propriétés.»

Les enfants et leur mère s’approchent de la table et prennent à la main des fils terminés par une espèce de fourche dont ils appuient les deux extrémités contre leurs oreilles. Aussitôt ils entendent, avec une netteté absolue, un orchestre complet jouer une marche entraînante.

«Comme c’est drôle!» dit Madeleine.