Quant à Jacques, il est de plus en plus décidé à travailler dur pour être bientôt bachelier ès sciences.
LE VILLAGE ANNAMITE
Dans les allées de l’Esplanade des Invalides, de petits tilburys légers, propres, coquets, circulent, traînés par des Annamites. Ces chevaux humains ne connaissent pas le luxe des chaussettes et des bottines; ils se contentent de sandales, c’est-à-dire de semelles fixées au pied par des lanières. Ils portent un large pantalon qui ne leur descend pas jusqu’à la cheville, une ample blouse ornée sur le devant de dessins auxquels il est impossible de rien comprendre, et, sur la tête, un chapeau en forme de cloche conique, fixé par des attaches sous le menton.
Jacques veut, naturellement, faire une promenade dans un tilbury; il ne regrette qu’une chose, c’est qu’il n’y ait pas de guides pour conduire le cheval, pas de fouet pour accélérer sa marche. A son avis, ce qu’il y a de plus amusant quand on est en voiture, c’est de gouverner son attelage, de le faire tourner à gauche ou à droite au gré de sa fantaisie, de ralentir ou d’accélérer son allure.
Ah! si, pourtant, il y a encore quelque chose qui le taquine; c’est un problème qu’il se pose et dont il ne peut trouver la solution: ces tilburys s’appellent des pousse-pousse; pourquoi pas tire-tire, puisque le Chinois ne pousse pas, mais tire?
Maman, consultée, ne sait comment expliquer cette anomalie de langage; c’est que probablement il n’y a pas d’explication raisonnable.
Quoi qu’il en soit, Jacques et sa sœur montent dans un pousse-pousse et se font voiturer. C’est très amusant, mais ils trouvent que le Chinois ne va pas assez vite. Ils voudraient qu’il courût, quitte à écraser sur son passage quelques piétons. Tout à l’heure, quand ils seront piétons à leur tour, il est probable qu’ils reviendront à des sentiments plus charitables.