Et si, au lieu de remonter le cours des siècles, nous le descendons, il est à supposer que, dans quelques centaines d’années, les maisons et les ameublements auront réalisé des progrès tels que nous en serions étonnés, s’il était possible que nous les vissions. Il est, par exemple, deux inventions récentes dont tout le monde profitera certainement dans un avenir peu éloigné; ce sont l’éclairage électrique et le téléphone. Quand toutes les maisons—et cela viendra—auront leur téléphone et leurs lampes électriques, on parlera peut-être avec quelque pitié, sinon avec quelque mépris, du temps où l’on n’avait pour correspondre que la poste et le télégraphe, et pour s’éclairer que les bougies, les lampes et le gaz. Mais c’est là une conséquence naturelle des perfectionnements qu’amène sans cesse la civilisation en toutes choses: chaque âge l’emporte en commodités sur le précédent, et il en sera ainsi aussi longtemps que le monde existera.

Oh! le joli chalet russe, léger et gracieux, avec des colonnettes, des dômes, des tourelles et des balcons! Qui croirait que des constructions aussi sveltes et aussi élégantes puissent offrir un abri suffisant contre les neiges et le froid qui règnent, pendant l’hiver, dans l’empire des tzars?

Et cette petite cité lacustre!... Est-elle assez curieuse? Isolée au milieu de l’eau, elle contient tout ce qui est nécessaire aux besoins de l’homme. Et l’on y est assuré contre les voleurs, sinon contre les rhumatismes.

«Quand vous irez en Suisse, dit maman, vous verrez des restes de maisons lacustres. Elles étaient construites sur pilotis au-dessus des lacs, complètement isolées de la terre ferme où leurs habitants n’allaient qu’en bateau.»

Jacques et Madeleine ont encore le temps de visiter une tente de Peaux-Rouges. Cette tente est supportée par des troncs d’arbres. C’est primitif, mais solide; et messieurs les sauvages s’y trouvent parfaitement bien. Dans quelques siècles, quand la civilisation aura pénétré parmi eux, ils seront sans doute plus difficiles; mais actuellement ils se contentent de leur pauvre aménagement.

Avant de se retirer, Jacques achète un bateau à une femme peau-rouge; Madeleine fait l’acquisition d’une petite tente.


L’EXPOSITION DE L’ALGÉRIE

«Boum-boum! boum-boum!»

Oh! le singulier bonhomme, qui débite des bonbons,—des boum-boum, comme il dit. Il a la figure et les mains aussi noires que le fond de la cheminée, des lèvres épaisses et des dents blanches. C’est un Algérien, vêtu du costume de son pays; les habitués de l’Exposition ne l’appellent que Boum-Boum.