Rien n’est plus juste.
HISTOIRE DE L’HABITATION
L’histoire de l’habitation... Un savant architecte français, doublé d’un grand artiste, Viollet-le-Duc, a raconté cette histoire dans un ouvrage plutôt écrit pour les papas et les mamans que pour les petits garçons et les petites filles. Sûrement Jacques ne comprendrait pas grand’chose aux descriptions qu’il contient, tandis qu’à l’Exposition, il n’a qu’à regarder les petits édifices construits par M. Ch. Garnier, pour se faire une idée exacte des progrès accomplis par l’architecture, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours.
D’abord, cette architecture fut des plus simples; même ce n’était pas, à proprement parler, de l’architecture. Des morceaux de bois assemblés de manière à former une hutte, c’était tout ce qu’il fallait; quant aux meubles, ils étaient plus rudimentaires encore que les maisons. Jacques plaint les Étrusques, qui, mille ans avant l’ère chrétienne, logeaient dans de pauvres cabanes où le vent devait jouer aux quatre coins; les Pélasges étaient plus mal encore.
Presque tous les peuples anciens sont représentés à l’Exposition par un type de leurs habitations; les Phéniciens, les Hébreux, les Assyriens, les Égyptiens, les Grecs du temps du Périclès, les Romains du temps d’Auguste, les Aztèques d’avant Fernand Cortez.
Voici une maison gauloise; à la rudesse de ses formes, on reconnaît le caractère de nos ancêtres. Point d’ornements inutiles, point de luxe. Les Gaulois, grands guerriers et grands chasseurs, préféraient la gloire à la commodité, n’avaient pas besoin d’un lit douillet et se passaient volontiers d’une ample batterie de cuisine et d’une table bien servie.
Que penseraient les anciens si, ressuscitant tout à coup, ils étaient transportés dans une de nos demeures modernes? Il est probable que tout d’abord ils ne comprendraient pas l’usage d’un grand nombre des objets dont elles sont garnies, et qu’il faudrait le leur expliquer. Les ménages les plus pauvres ont, en effet, aujourd’hui des meubles que ne connaissaient pas les peuples primitifs.