«Et, dis-moi, maman, demande Jacques, c’est grand, l’Algérie?
—Oui, mon enfant; l’Algérie a une superficie plus grande que celle de la France.
—Et tout ce pays-là nous appartient?
—Depuis 1830. C’est notre plus belle et notre plus riche colonie. Le climat y est excellent et le sol très fertile. Tu sais que les vignes françaises ont été partiellement détruites par le phylloxera?
—Oui.
—Eh bien, pour compenser les pertes qu’ont occasionnées ce malheur, on a planté en Algérie un très grand nombre de vignes qui produisent un très bon vin.
—Et les Arabes ne nous en veulent pas de leur avoir pris leur sol?
—Ils nous en ont d’abord voulu et quelques-uns nous en veulent encore. Mais la majorité commence à s’apercevoir qu’au lieu de leur faire du mal, les Français leur ont fait du bien, et que leur intérêt est d’accepter une domination qui, sans supprimer aucune de leurs libertés, leur procure des avantages considérables.