Au moment d’entrer dans le village japonais, Jacques et Madeleine ne sont pas sans éprouver quelque appréhension.

«Au moins, maman, a dit Jacques, tu es bien sûre qu’on ne nous fera aucun mal?

—Et pourquoi vous ferait-on du mal?

—Dame, parce que les Japonais sont des sauvages.

—Non, mes enfants, les Japonais ne sont pas des sauvages, bien loin de là. Il est vrai que leur civilisation est différente de la nôtre, mais ils nous sont supérieurs en un grand nombre de matières; leur porcelaine, par exemple, est beaucoup plus belle que la nôtre, et nous ne savons pas fabriquer le papier aussi bien qu’eux. Les vases, garnis de plantes ou transformés en lampes qui font l’ornement de tant de nos salons, sont pour la plupart japonais; et les amateurs de livres apprécient surtout ceux qui sont imprimés sur du papier du Japon.

—Et ces gens-là ne sont pas méchants?

—Pas le moins du monde.»

Rassurés par les paroles de leur maman, les deux enfants pénètrent sans crainte dans le village, où ils sont accueillis par deux charmantes demoiselles occupées à confectionner des objets de bimbeloterie. Ces jeunes filles portent le costume de leur pays qui, pour ne pas ressembler aux costumes parisiens, n’en est pas moins très coquet.

Madeleine a remarqué que ces demoiselles ont un tout petit pied et elle en fait l’observation à sa mère.