«Mon enfant, la petitesse du pied des femmes est, au Japon et en Chine, un signe de distinction. Aussi, dans la bonne société de ces pays, condamne-t-on les jeunes filles à ne pas marcher et les oblige-t-on à porter un appareil qui empêche leurs pieds de grandir.
—Mais, maman, cet appareil doit gêner beaucoup?
—Oui, même il fait mal et il serait désirable que l’usage en fût aboli; malheureusement, il en est des Asiatiques comme des Européens: ils aiment mieux suivre la mode, même quand elle est nuisible à leur santé, que rompre avec elle.»
Oh! les jolies maisons, bordées de balcons abrités par le prolongement de la toiture, surmontées de belvédères légers et gracieux! Sûrement on doit être très bien dans ces habitations, et l’on s’accommoderait volontiers en France de l’une d’elles, pendant l’été, à la campagne ou aux bains de mer. On y ajouterait quelques chaises et quelques fauteuils, un lit à sommier, une armoire à glace, les quelques bibelots dont l’habitude nous a fait une nécessité, et ce serait parfait.
Il paraît qu’au Japon les enfants vont à l’école tout comme à Paris. Voici une salle de classe, où élèves et professeur sont représentés par des mannequins. Peut-être l’installation n’est-elle pas des plus confortables; mais les jeunes Japonais n’en ont que plus de mérite à bien travailler. Ils sont assis et écrivent sur le parquet; c’est une affaire d’habitude. Du reste, si le matériel scolaire est au Japon des plus rudimentaires, on y connaît du moins les pupitres; la preuve, c’est que le maître d’école en a un devant lui.
Voici, non loin de la classe, une salle affectée à l’Exposition des jouets. C’est l’agréable à côté de l’utile, l’amusement à côté de l’étude.
Ils sont très simples, ces jouets; mais, pour manquer de complication, ils n’en valent pas moins. Jacques et Madeleine se sont arrêtés devant un monsieur qui fait voler en l’air un petit instrument composé d’une baguette de bois terminée à sa partie supérieure par un morceau de roseau fixé à angle droit. Il suffit de placer la baguette entre les deux mains et de lui imprimer un mouvement de rotation rapide en faisant glisser les deux mains l’une contre l’autre pour que l’instrument s’envole en tournant et plane longtemps dans l’air avant de retomber à terre.
Ce volant ne coûte que la modique somme de deux sous; ce n’est pas cher, aussi Jacques s’empresse-t-il d’en acheter un. Quant à Madeleine, elle a fait l’acquisition d’un kata-kata, dont elle s’amuse à dérouler les morceaux de bois peint.