«Le Congo, mes enfants, est à l’ouest de l’Afrique équatoriale, explique maman. Il n’y a pas bien longtemps, il était encore désigné sur les cartes géographiques par les mots Régions inexplorées. Ce fut le célèbre voyageur anglais Livingstone qui le parcourut le premier; il y passa plusieurs années et y mourut en 1873, victime du climat. Après lui, l’Américain Stanley étudia la topographie du pays et dressa des cartes. Puis ce fut le tour d’un Français, M. Savorgnan de Brazza, qui poursuivit avec succès l’œuvre entreprise par ses deux prédécesseurs.

«Depuis 1884, le Congo est divisé en trois parties: un État libre, placé sous le protectorat du roi des Belges, qui en est le souverain nominal; le Congo français, que M. de Brazza administre au nom de notre gouvernement; et le Congo portugais.»

Après l’exposition du Sénégal, c’est celle de la Nouvelle-Calédonie que Jacques et Madeleine vont visiter. Les Néo-Calédoniens ont pour maisons des cases de deux à trois mètres de hauteur, n’ayant pour toute ouverture que la porte; elles sont rondes ou carrées et ont un toit recouvert de paille. Le mobilier ne consiste qu’en nattes, calebasses, tasses en coco et vases de terre cuite.

«C’est bien à la Nouvelle-Calédonie, n’est-ce pas, maman, que l’on envoie les méchants hommes qui ont commis des crimes? demande Madeleine.

—Oui, c’est là qu’est le bagne, depuis 1872.

—Et avant cette époque, où mettait-on les forçats?

—D’abord, on les logea sur des galères; puis on institua quatre bagnes: un à Toulon, un autre à Brest, un troisième à Rochefort et le quatrième à Lorient. Les condamnés y étaient employés à des travaux pénibles, sous la surveillance de gardes-chiourme. Ils étaient enchaînés deux à deux et traînaient un lourd boulet.»


LE MINISTÈRE DE LA GUERRE

L’emplacement occupé par l’exposition du ministère de la guerre est assurément un des plus curieux de l’Exposition. C’est aussi un des plus fréquentés: les Français n’oublient pas leur vieille gloire militaire, et tout ce qui touche à l’armée les intéresse d’autant plus que sur cette gloire une ombre a passé, à laquelle ils pensent sans cesse pour l’effacer plus vite.