Jacques répondit:

«Moi, je voudrais bien voir les jouets.»

Et Madeleine se rangea au désir de son frère.

Va donc pour les jouets!

Ils sont logés au Champ-de-Mars, dans un emplacement qui ressemble à un palais de fées. C’est un étalage de merveilles, un royaume enfantin où il n’y a pas d’heures de classe, mais seulement des heures de récréation. Sûrement si l’on priait messieurs et mesdemoiselles les bébés de désigner un bâtiment qui ne serait pas démoli à la fin de l’Exposition, c’est celui-là qu’ils choisiraient.

On ne sait, dans cette exposition, où porter de préférence ses regards. Des artistes et des savants se sont mis en frais d’imagination pour produire de petits chefs-d’œuvre. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses.

Voici Guignol, avec maître Polichinelle, qui, armé de son bâton, discute avec un avocat. C’est bien le Polichinelle classique, tel que les enfants l’ont vu aux Champs-Élysées, aux Tuileries ou au Luxembourg, le Polichinelle qui bat volontiers et joue des tours, mais qui cependant rit plus souvent qu’il ne se fâche et est bon diable au fond.

Devant le théâtre, des bébés Jumeau aux frais visages et aux pimpants costumes sont disposés sur une grande table. On les croirait vivants, on jurerait qu’ils vont marcher et parler. Du reste, ils sont articulés; leurs paupières sont ouvertes quand ils sont debout, fermées quand ils sont couchés. Presque tous savent dire papa et maman.